Le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, et les principaux acteurs internationaux de la crise en Libye se sont réunis dimanche à Berlin pour tenter de mettre fin à un conflit qui ravage le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Objectif principal : consolider le cessez-le-feu.

C’est une étape majeure avant d’envisager un processus de paix. La conférence internationale organisée ce dimanche à l’initiative de Berlin va réunir tous les acteurs majeurs du conflit libyen, avec l’espoir dans un premier temps de renforcer la fragile trêve respectée sur le terrain depuis une semaine. Signe des difficultés à surmonter, le maréchal Khalifa Haftar avait quitté la Russie le 14 janvier sans signer l’accord de cessez-le-feu concocté par Moscou et Ankara, pourtant paraphé par son rival Fayez al-Sarraj. Les sept heures de négociations s’étaient déroulées à travers des intermédiaires russes et turcs, les deux hommes refusant de communiquer directement.

La réunion doit aussi empêcher l’internationalisation du conflit, notamment par un soutien militaire, et évoquer des pistes pour sortir le pays plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Décryptage avec Emmanuelle Chaze, correspondante de France 24 dans la capitale allemande, et Jalel Harchaoui, chercheur au Clingendael Institute.

Quel est l’objectif de la réunion ?

Le cessez-le-feu orchestré par Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, mis en place le 12 janvier, est pour l’instant respecté mais fragile. La conférence internationale de Berlin vise principalement à consolider la trêve et à empêcher l’internationalisation du conflit, en interposant notamment une force militaire. « La priorité à Berlin est d’abord la cessation des hostilités, un cessez-le-feu, explique sur France 24 Jalel Harchaoui. Dans la feuille de route qui sera sans aucun doute signée par les deux protagonistes, il y aura des éléments qui relèvent de la réconciliation et d’une solution politique, avec des mesures institutionnelles, comme le fait d’unifier une armée nationale. » Mais, souligne le chercheur, « il n’y a pas réellement de réconciliation possible dans le court terme. (…) Si l’initiative allemande parvient à solidifier ce cessez-le-feu, ce sera une forme de victoire pour la diplomatie allemande et européenne. »