Dr Moussa Thior sur la levée de l’État d’urgence : « Je l’avais dit et j’avais raison… »

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Le Dr Thior se réjouit que le président de la République ait enfin pris la décision de « laisser le virus circuler » en insistant sur le respect des gestes barrières et la protection des personnes vulnérables. Ce, comme il le suggérait il y a deux mois.

Contrairement à ceux qui craignent une explosion des cas après la levée de l’État d’urgence et des mesures restrictives, Dr Thior reste convaincu que le chaos qu’on prédit n’aura pas lieu. « Je ne crois pas qu’il y aura cette explosion de la maladie qu’on craint tant », a-t-il déclaré sur le plateau de Soir d’info sur la Tfm. Et l’augmentation du nombre de cas confirmés qu’on agite souvent pour justifier cette prédiction n’est qu’une vue de l’esprit, à l’en croire.

« Auparavant nous testions 100 et nous avions 10 cas positifs. Aujourd’hui nous testons 1000 pour avoir 100 cas. Aujourd’hui si nous testions 10 000 on aurait 1000 positifs. Si nous avions testé 100 000 on aurait 10 000. Les chiffres bruts qu’on nous donne chaque jour, ça n’a pas d’importance dans l’épidémiologie. Le taux de positivité, depuis mars, se situe entre 7% et 12%. Le jour où le taux de positivité se situera à 25% ou 35% là on aura vraiment une augmentation des cas (…) », argumente-t-il.

Selon lui, notre pays et l’Afrique en général a un « trésor » qui, à lui-seul, est un facteur de ralentissement de l’épidémie : c’est la jeunesse de la population. « Les contextes asiatiques, européens et africains ne sont pas les mêmes. Nous avons de l’or : la jeunesse de notre population. Elle est fondamentale contre cette épidémie de la covid-19 », confie-t-il.

Mieux, souligne l’ancien coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, contrairement aux idées qui font de cette couche un danger pour les personnes à risque, « les jeunes peuvent contracter la maladie, développer des anticorps et protéger les personnes vulnérables ». « Ce que certaines ne veulent pas entendre(…) Ce ne sont pas eux qui les personnes vulnérables. C’est un trésor que nous avons là », insiste-t-il.