Elle n’est pas un tribunal pour faire comprendre aux institutions comme le Fmi et les partenaires multilatéraux et bilatéraux, ses goulots qui tirent les pays en développement vers le bas, mais la Conférence internationale organisée ce lundi 2 décembre 2019 à Diamniadio devrait rester dans les annales. Parce que c’est à cette rencontre internationale qu’il a présidée, en présence de la Directrice générale du Fmi, Kristalina Georgieva, que le président Macky Sall a demandé une rupture de certaines pratiques et règles qui font que les pays en développement peinent à ‘’décoller économiquement’’ lorsqu’ils nourrissent l’ambition de porter des projets novateurs pour leurs pays.

‘’Des questions de fond me semblent aujourd’hui inévitables, si nous voulons faire prospérer le partenariat pour le développement.
Alors comment financer les investissements d’aujourd’hui et de demain sans mettre en cause la viabilité financière et budgétaire de nos États. Une question fondamentale. Et ceci, à court et moyen terme. Quel niveau de déficit public et quel niveau d’endettement pour nos pays au stade actuel de leur développement ? Ça c’est une problématique qui est sur la table. Evidemment, ce débat n’est pas un procès contre les partenaires. Il faut qu’on s’entende bien. Nous devons discuter de choses qui nous concernent tous’’, a-t-il dit, devant le parterre de personnalités qui a pris part à la conférence internationale sur ‘’Développement durable et dette soutenable : trouver le juste équilibre’’.

Poursuivant, le président Sall de signaler que ‘’c’est, à l’issue de la confrontation de ces idées que nous arriverons à des conclusions qui pourront nous permettre d’avancer ensemble. Puisque nous sommes ensemble comme partenaires multilatéraux, bilatéraux ou États, nous sommes tous embarqués, j’allais dire, dans la même barque. Par conséquent, je disais tantôt, est-il équitable et pertinent, s’agissant des critères de convergences, d’appliquer les mêmes critères pour les pays en développement où tout ou presque est à réaliser, que ceux des pays développés ayant déjà terminé leur processus d’accumulation de capital ? C’est une question pertinente. Est-ce que les pays de l’Uemoa doivent avoir les mêmes critères que ceux de l’Union européenne ? une bonne question. Solde budgétaire 3%. Pas plus de 3%, c’est une grande bonne question. Ça c’est une problématique. Est-ce que les plafonds d’endettement tels qu’ils ont été fixés jusque-là, particulièrement dans l’Uemoa sont pertinents aujourd’hui ? Il ne s’agit pas d’engager une aventure, vers un endettement non contrôlé, mais il s’agit de défaire les chaines qui nous empêchent de décoller économiquement lorsqu’on a l’ambition de porter des projets novateurs pour nos pays’’.

Dans son allocution d’ouverture, Macky Sall a dit vouloir soumettre ces ‘’quelques exemples et problématiques’’ à l’attention de ladite conférence. Mais il a aussi tenu à évoquer la nécessité ‘’de la convivialité et de la confiance mutuelle’’. Deux valeurs qui, selon lui, ‘’animent nos relations avec nos partenaires bilatéraux et multilatéraux. Cet esprit nous commande de poser un débat ouvert et sincère mais tout aussi serein, convivial et confiant. En tout cas, c’est ce que je souhaite pour cette conférence. En définitive, ce que nous recherchons ici c’est de contribuer par une démarche lucide et concerté à l’avènement d’une gouvernance mondiale novatrice qui facilite l’accès aux ressources pour financer le développement, en particulier pour financer les Odd, dans le respect des règles de soutenabilité de la dette et de viabilité budgétaire des États.’’

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