Le patron de l’IHU Méditerranée Infection a bravé l’opinion majoritaire de ses pairs en ouvrant son établissement au dépistage massif du Covid-19 et au traitement à l’hydo-chloroquine « des malades fébriles ». Plusieurs centaines de Marseillais font encore la queue devant l’institut ce mardi.

« Je ne participe plus au Conseil scientifique réuni autour d’Emmanuel Macron ». C’est ce qu’a annoncé le professeur Didier Raoult, le patron de l’IHU Méditerranée Infection, selon une information des « Echos » ce mardi 14 mars.

Depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Chine, l’infectiologue de Marseille défend l’usage de la chloroquine, longtemps utilisée contre la malaria, pour soigner les malades du Covid-19. Pourtant, de nombreux autres spécialistes ont exprimé leurs fortes réserves, estimant notamment que les essais menés par le professeur auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires. Le ministre de la Santé Olivier Véran a statué en réservant l’administration de la chloroquine aux malades souffrant de « formes graves » du coronavirus. Elle ne doit pas être utilisée pour des formes « moins sévères ».

Didier Raoult martèle également qu’il faut des moyens de dépistages massifs à l’échelle nationale pour détecter les cas suspects, isoler et traiter les patients positifs, comme en Corée du Sud.

« Je suis sur le terrain, pas devant des statistiques »

Didier Raoult, au nom du serment d’Hippocrate, a décidé d’ouvrir son IHU au dépistage massif « des malades fébriles ». Plusieurs centaines de Marseillais ont encore bravé les mesures de confinement pour réaliser cet examen ce mardi. Selon l’institut, un millier de cas positifs ont été dépistés. Tous les cas « de modérés à sévères » ont été traités à l’hydro-chloroquine, « avec succès », selon le professeur auprès des « Echos ».

« Je suis sur le terrain, pas devant des statistiques. Ne vous inquiétez pas, ça marche ! », dit-il encore. Selon le quotidien, tous les cas traités sont répertoriés et suivis. « La compilation de ces ’données clandestines’ collectées en-dehors d’un essai clinique dûment normalisé, devrait livrer ses conclusions dans quelques jours », écrit le journal.

Didier Raoult, bien que faisant partie du Conseil scientifique, avait toutefois choisi de ne pas participer aux réunions. Il apparaît comme « excusé » pour de nombreuses réunions, mais semblait travailler « à côté » du Conseil et échangeait régulièrement avec le ministre de la Santé Olivier Véran, comme l’a assuré encore récemment ce dernier.