Gambie – Une énième incursion de l’armée Sénégalaise suscite des réactions d’indignation

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C’est un incident qui exacerbe le sentiment de nationalisme gambien. Un convoi de l’armée sénégalaise a fait cette semaine une incursion dans un village gambien « par inadvertance », justifie une source militaire sénégalaise. Un énième incident qui passe mal aux yeux de l’opinion en Gambie qui soupçonne déjà le grand voisin d’avoir des intentions inavouées. En 2017, un droit de poursuites a été signé entre les deux pays, mais cette clause est jugée « disproportionnée » par une frange importante de l’opinion en Gambie qui parle « d’invasion sénégalaise ».

BANJUL – C’est l’énième incursion de trop. Dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux, l’on peut voir une dizaine de jeunes s’en prendre à un convoi de l’armée sénégalaise auquel, ils reprochent d’être entré « illégalement » sur le territoire gambien. Un incident qui a suscité une vague d’indignation sur la toile. Si une source proche de l’ambassade du Sénégal en Gambie prétexte « une irruption par mégarde dont le convoi s’est excusé », sur place, l’on a du mal à admettre une telle hypothèse.

Dans ce pays quasi enclavé dans Sénégal, l’opinion rappelle que c’est la troisième incursion en l’espace de six mois. En décembre et en mars derniers, des troupes de l’armée sénégalaise avaient également fait irruption dans des localités situées sur le territoire gambien. Sur les réseaux sociaux, on se rue dans les brancards. A l’indignation se mêle un sentiment de nationalisme exacerbé pour parler « d’invasion ». Sur son compte Facebook, M.C Thiam, le leader de la jeunesse du principal parti de l’opposition gambienne parle « d’incursion inacceptable ».

Droit de poursuites

« Les troupes sénégalaises ne doivent pas violer la souveraineté du territoire gambien », s’est-il indigné sur la toile. D’après la cellule de communication de l’armée gambienne, des soldats y ont été dépêchés pour une mission d’enquête.

S’agit-il d’une intensification des patrouilles pour lutter contre la coupe illicite de bois très répandue dans cette ¨zone située à cheval entre les deux pays ? L’on ne saurait le dire. Toujours est-il qu’en début mars, une enquête de nos confrères de la BBC avait révèle l’ampleur des dégâts de cette activité lucrative impliquant des personnalités au plus haut sommet de l’État en Gambie.
Pour rappel, les deux pays avaient signé un droit de poursuites en 2017 permettant aux deux armées d’entrer de part et d’autre de la frontière. Mais interrogé par la presse locale, le chargé des relations extérieures de l’armée gambienne a indiqué que cette irruption n’a rien à avoir avec ce fameux accord.

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