Le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, a salué, mardi, la fermeture du plus grand centre d’accueil de migrants d’Europe, dans la ville de Mineo, en Sicile.

L’ancien plus grand centre d’accueil de migrants en Europe, situé à Mineo, près de Catane dans l’est de la Sicile, devait fermer mardi officiellement ses portes. Cette fermeture devait avoir lieu en présence de son plus grand détracteur, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. « Promesse tenue », s’était félicité l’homme fort du gouvernement italien une semaine auparavant lorsque les derniers hôtes avaient été transférés du centre d’accueil de migrants de Mineo vers une autre méga-structure en Calabre.

Cette fermeture s’inscrit dans le durcissement de la politique migratoire en Italie, menée par Matteo Salvini. De leurs côtés, les associations de défense des droits des migrants dénoncent l’impact d’une telle fermeture, laissant des milliers de personnes sur le carreau, puisqu’aucune solution d’hébergement alternative ne leur a été proposée.

Massimiliano Terrasi, un psychologue qui travaillait dans le centre depuis octobre 2011, se sent un peu dépossédé. « Les attentes étaient très élevées à l’origine du centre et nous y avons grandi professionnellement. C’est une expérience que peu de personnes dans le monde ont pu faire », décrit-il. « Bien géré, cela aurait pu être une richesse pour le territoire et la compréhension des populations », regrette-t-il, en laissant sortir sa « colère » face à tant d’années de travail brusquement stoppées, sans reconnaissance.

À l’origine, les migrants disposaient d’assistance, de conditions sanitaires normales. Mais lorsque leur nombre a dépassé les 3 000, les choses se sont gâtées. « Si l’on parle du fonctionnement final du centre, je trouve ça bien qu’il soit fermé. Mais si l’on considère ce qu’il aurait pu être, je trouve ça dommage », résume le psychologue.

« La fermeture de Mineo est l’épilogue inexorable d’une grande illusion, dans une terre affamée d’emplois », décrit Nello Musumeci, président de droite de la région Sicile. Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours, impliquant notamment l’ancienne maire de la commune de Mineo et l’ancien directeur du centre notamment pour corruption dans l’attribution de marchés.

En janvier, la police a même démantelé une cellule mafieuse nigériane basée au cœur du centre, gérant un trafic de cocaïne et de marijuana ainsi qu’un réseau de prostitution.

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