La nouvelle apaisera-t-elle en partie la colère de la rue ? L’ancien ministre des Finances Mohammad Safadi a renoncé, samedi 16 novembre, à devenir le prochain Premier ministre libanais, jugeant trop difficile de former un gouvernement « harmonieux » soutenu par toutes les forces politiques.

Dans un communiqué, l’homme d’affaires a dit espérer que le Premier ministre sortant Saad Hariri, qui a démissionné le 29 octobre, serait à nouveau désigné pour occuper le poste de chef du gouvernement.

Le Liban est en proie depuis un mois à un mouvement de contestation dans la rue visant une classe politique jugée corrompue et adepte du népotisme, sur fond de difficultés économiques. Et les manifestants avaient accueilli vendredi avec consternation et colère des informations sur la possible désignation de Mohammad Safadi comme prochain Premier ministre, le qualifiant de « corrompu » et membre de la classe politique dont ils réclament le départ. Dans plusieurs villes du pays, y compris à Tripoli, dont il est originaire, ils avaient crié leur refus d’une telle nomination.

Les protestataires, qui conspuent sans exception les membres d’une classe dirigeante quasiment inchangée depuis 30 ans, réclament un cabinet formé exclusivement de technocrates totalement indépendants des partis au pouvoir en vue d’élections parlementaires anticipées. Et des manifestations massives sont prévues ce dimanche dans plusieurs villes du pays pour maintenir la pression sur la classe dirigeante.

Selon des sources politiques, un consensus sur la nomination du sunnite Mohammad Safadi avait été trouvé jeudi soir entre Saad Hariri et des responsables des mouvements chiites Amal et Hezbollah. Le Premier ministre doit être sunnite dans le système confessionnel de partage du pouvoir du Liban.

Mais aucune force politique n’avait publiquement apporté son soutien à cet homme d’affaires et ancien député de Tripoli âgé de 75 ans, ministre des Finances de 2011 à 2014. De même, aucune date n’avait été fixée pour l’ouverture de consultations en vue de sa désignation.

Cité par le journal Al Djoumhouria, le président du Parlement Nabih Berri avait mis en doute dans la journée l’accord de nomination de Safadi. « Les choses deviennent plus compliquées. Il faut une solution rapide pour sortir le Liban de la crise », avait déclaré le chef du mouvement Amal.

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