Après avoir exigé et obtenu la délocalisation des travaux de la Commission cellulaire chargée de piloter le volet politique sur le dialogue national des locaux de la Direction générale des élections (DGE) vers un hôtel de la place, l’opposition pose encore une autre condition. Cette fois-ci, elle réclame que le rapport final issu des travaux de la commission soit transmis au Président de la République, non pas par le ministre de l’Intérieur, M. Aly Ngouille Ndiaye, mais par le Président de la Commission cellulaire, le général Mamadou Niang.

Ce que ne veut entendre le camp de la majorité qui estime que la commission est sous la tutelle du ministre de l’Intérieur qui, pense-t-elle, que c’est parce que c’est lui qui a procédé à l’installation des membres et fourni les termes de références des concertations, donc c’est à lui de le remettre au Président de la République.

A vrai dire que ce soit le ministre de l’Intérieur, ou que ce soit le Président de la Commission cellulaire qui transmette le rapport final au Président de la République importe peu. L’essentiel est qu’il le lui soit transmis et qu’il respecte son engagement qui est de respecter les accords conclus.

En réalité, après avoir accepté de participer au dialogue national, l’opposition non boycotteuse, se rend compte qu’elle peut tirer encore plus du pouvoir fragilisé par les dernières révélations faites par la BBC sur des scandales commis lors de la conclusion des accords d’exploration et de concession sur le pétrole et le gaz.

Dans ce contexte, l’opposition se rend même compte qu’elle n’a après tout, rien à gagner en s’asseyant autour d’une table, en tout cas, tant que la situation sera ce qu’elle est. Tant que le pouvoir n’aura fait signe de sa réelle volonté de faire pour que toute la lumière éclate sur cette affaire. Ensuite, il y a autre chose qui risque de braquer l’opposition contre le pouvoir. C’est la répression de la manifestation de « Aar li nu bokk ». Sur ce coup, le pouvoir a manqué d’inspiration. L’opposition a toujours dénoncé l’interdiction systématique par le régime du Président Macky Sall de toutes les manifestations organisées contre lui.

Le bouchon a été tiré trop loin cette fois, puisque, il ne s’agissait là que d’un rassemblement pacifique organisé à la Place de la nation. Les initiateurs ont même pris la précaution de ne pas appeler à un rassemblement dans le centre-ville, pour ne pas donner prétexte au régime si prompt dans pareil cas à brandir « l’arrêté Ousmane Ngom ».

En tout cas, si le pouvoir ne lâche du lest dans cette dernière exigence de l’opposition, les travaux de la Commission cellulaire vont vers un blocage. Et dans ce cas, l’opposition risque tout simplement de claquer la porte. Et si le pouvoir lâche encore du lest, l’opposition pourra toujours remettre sur la table, une autre exigence. C’est comme qui dirait que le pouvoir s’est pris dans un piège.

Thiémokho BORE

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