Ovidio Guzman Lopez n’est resté que quelques heures sous le contrôle de la police. Des dizaines d’hommes masqués ont immédiatement attaqué les autorités et paralysé la ville de Culiacan.

Les autorités mexicaines ont été obligées, jeudi 17 octobre, de relâcher un des fils du narcotrafiquant Joaquin « El Chapo » Guzman après l’avoir brièvement arrêté.

Un homme, présenté comme étant Ovidio Guzman Lopez, a d’abord été interpellé par une patrouille d’une trentaine de policiers après une attaque contre une patrouille de la garde nationale dans la ville de Culiacan, dans l’Etat du Sinaloa. Mais après à peine quelques heures, les autorités l’ont relâché pour, selon le secrétaire d’Etat à la sécurité et la protection des citoyens, Alfonso Durazo, « protéger » la population de Culiacan :

« La décision a été prise de quitter les lieux sans Guzman, pour éviter plus de violence dans la zone et s’assurer que le calme revienne dans la ville. »

L’autre raison qui a poussé les policiers à relâcher le suspect est le fait qu’ils ont rapidement été encerclés par des dizaines d’hommes masqués et munis d’armes lourdes. Dès l’annonce de l’arrestation, des membre du cartel de Sinaloa ont également attaqué la police et l’armée dans d’autres endroits de cette ville de 750 000 habitants, incendiant des voitures et transformant certains quartiers en zones de guerre. Des habitants ont été contraints de fuir en abandonnant leurs voitures pendant que retentissaient les fusillades.

Le cartel de Sinaloa est fragmenté entre les fils d' »El Chapo » et Ismael « El Mayo » Zambada, l’un des pères fondateurs de cette même organisation. « El Chapo » a été condamné en juillet aux Etats-Unis à la réclusion à perpétuité. Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant au monde, il a acheminé aux Etats-Unis au moins 1 200 t de cocaïne sur un quart de siècle.

Malgré son arrestation, l’organisation continue d’acheminer la majorité de la drogue qui entre aux Etats-Unis, et quelques jours après la fin du procès de leur père à New York, deux des fils du narcotrafiquant, dont Ovidio Guzman, ont été inculpés de trafic de drogues par la justice américaine.

Le président mexicain ne cesse d’exprimer sa volonté de faire diminuer la criminalité dans son pays, depuis son élection en décembre dernier. Mais sans grand succès. Il a pourtant mis en place une garde nationale afin de rendre à la police des responsabilités qui incombaient depuis plusieurs années à l’armée, déployée depuis 2006 dans le cadre d’une offensive généralisée contre le crime organisé.

Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, cette bataille menée par les militaires n’a fait qu’accroître la violence dans le pays, déchiré par des rivalités entre différents cartels. Depuis, des données officielles font état de la mort de quelque 250 000 personnes, sans qu’il soit toutefois possible de déterminer le nombre de tués dans le cadre de la lutte contre le crime organisé. Un record a été battu en 2018 avec 33 749 tués, selon ces mêmes sources. Avec 23 063 morts jusqu’en août, il est possible qu’un nouveau record de violence soit battu pour l’année en cours.

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