Nitrate d’ammonium au port : Pourquoi Abdou Karim Sall a refusé d’autoriser un site de stockage

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Les 3050 tonnes de nitrate d’ammonium actuellement au môle 3 sont loin d’avoir trouvé un point de chute. Alors que le port autonome de Dakar affirme qu’une solution sera bientôt trouvée avec le ministère de l’Environnement, ce dernier refuse d’autoriser un nouveau site et brandit ses arguments.

Après la révélation du journal L’Observateur dans son édition du mercredi 19 août de l’existence de ce produit dangereux dans les installations portuaires, Aboubacar Sadikh Bèye et ses services ont sorti un communiqué pour dire que tout va bientôt rentrer dans l’ordre.

Seulement, du côté du ministère de l’Environnement, on semble dire le contraire. En effet, la lettre adressée au ministre Abdou Karim Sall par la société X-logs pour une demande d’autorisation d’un site de stockage est datée du 17 août 2020. Et elle a été réceptionnée au ministère le 18 août 2020 à 16h 15 mn.

Dans cette lettre, l’administrateur directeur général explique disposer d’une aire de 6000m2 à Diamniadio pour le stockage du nitrate d’ammonium. La société s’engage à fournir toutes les informations dans les 72 heures, compte tenu de l’ultimatum que lui a envoyé la direction du port d’enlever le produit sans délai.

Mais dans sa réponse datée d’hier mercredi 19 août, Abdou Karim Sall a donné un avis défavorable motivé, selon lui, par le fait que la procédure n’est pas respectée, surtout en termes de délai. A l’entame, le ministre a fait remarquer à X-logs que le nitrate d’ammonium est un produit dangereux dont le stockage obéi à des normes particulières.

« Ainsi, tout dépôt de nitrate d’ammonium d’une capacité supérieure à trois (3) tonnes est classé et nécessite une étude d’impact d’environnementale et une étude danger en bonne et due forme avant la délivrance d’une autorisation d’ouverture et d’exploitation », objecte-t-il.

Le Directeur de l’Environnement, Baba Dramé a expliqué que pour une autorisation, il y a tout un travail à faire au préalable. « D’habitude, les délais pour faire les évaluations environnementales ou l’étude d’impact approfondie, c’est au minimum 90 jours. Il y a tout un processus d’investigation à faire sur le terrain, des audiences publiques qui doivent être organisées etc. », souligne-t-il.

Selon lui, ce produit ne doit pas être stocké à Diamniadio, puisqu’il s’agit d’une marchandise en transit dont la destination finale est le Mali. Ce qui fait d’ailleurs qu’il se trouve actuellement au môle 3 réservé aux Maliens. « Donc nous, ce que nous préconisons, c’est que ces produits puissent être acheminés comme c’était prévu vers les sites d’utilisation finale ». Autrement dit, que les 3050 tonnes soient acheminées directement au Mali.