Fréquent en Afrique, le sarcome de Kaposi est souvent lié au virus du Sida. C’est un type de cancer qui se traduit par des lésions cutanées.

Qu’est-ce que le sarcome de Kaposi ?
Avant de parler du sarcome de Kaposi, il faut déjà expliquer ce qu’est un sarcome :  » il s’agit d’un cancer qui se développe au niveau du tissu conjonctif : muscles, tendons, os, viscères, tissu adipeux, vaisseaux sanguins…, développe le Pr. Jean-Yves Blay, médecin oncologue. Les sarcomes sont rares puisqu’ils ne représentent qu’1 % à 2 % de tous les cancers. Il existe, en outre, un grand nombre de sarcomes différents: ostéosarcomes, sarcome d’Ewing, rhabdomyosarcomes…  »

Le sarcome de Kaposi tire son nom du Dr. Moritz Kaposi (1837 – 1902), un médecin dermatologue et vénérologue hongrois qui a décrit pour la première fois la pathologie en 1872. D’après l’Académie Nationale de Médecine, ce cancer atteint chaque année 65 000 personnes dans le monde, ce qui représente 1 % de l’ensemble des cancers diagnostiqués annuellement à l’échelle mondiale.

Quels sont les symptômes ?
» Le sarcome de Kaposi est une maladie qui peut avoir des présentations très différentes » souligne le Pr. Blay. De façon générale, ce cancer se caractérise par des lésions cutanées ceux-ci forment parfois des » boules » rouges qui déforment la peau : ce sont des nodules.

Quelles sont les causes ?
À l’origine du sarcome de Kaposi, il y a HHV-8, un virus du groupe herpès qui se propage principalement par voie sexuelle. » Chez l’individu en bonne santé, ce virus est sans conséquence » précise le spécialiste. En effet, selon l’Institut Pasteur, 99 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme.  » Dans certains cas (notamment chez le patient immunodéprimé), il peut toutefois entraîner une prolifération anormale des cellules des vaisseaux sanguins, par des mécanismes qui sont encore mal compris. »

À noter : le virus HHV-8 est également associé à deux autres pathologies (rares) : le lymphome des cavités et la maladie de Castleman multicentrique.

Sarcome de Kaposi : 4 formes à connaître
Sarcome de Kaposi : la forme classique
La forme classique du sarcome de Kaposi frappe surtout les hommes âgés de 60 ans et plus, originaires du bassin méditerranéen (Italie, Afrique du nord…). En Sicile et en Sardaigne, elle atteint 1 homme sur 30 000 (selon l’Académie de médecine). Les nodules rouges sont surtout localisés au niveau des membres inférieurs.  » La pathologie évolue de manière indolente, c’est-à-dire lentement et sans agressivité. Si une intervention chirurgicale (ablation locale du nodule), une radiothérapie, voire une chimiothérapie à faibles doses peuvent être indiquées, il suffit parfois de mettre en place une simple surveillance du sarcome. »

Sarcome de Kaposi : la forme épidémique
Cette forme épidémique du sarcome de Kaposi est liée à l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). » Chez la personne immunodéprimée, la maladie est plus agressive : le sarcome de Kaposi est parfois la première manifestation du Sida » précise le Pr. Blay. De multiples lésions cutanées sont présentes, souvent au niveau du visage et du tronc : les muqueuses, les ganglions, les poumons et le système digestif sont plus fréquemment atteints, parfois avec une atteinte de l’état général. « Le traitement consiste d’abord à corriger l’immunosuppression : cela permet parfois de stopper l’évolution du cancer. En parallèle, une chimiothérapie peut être mise en place, notamment s’il y a des métastases. »

Selon l’Institut Pasteur, le sarcome de Kaposi épidémique est l’un des cancers les plus fréquents de l’Afrique centrale et du Sud (de 5 % à près de 30 % des cancers diagnostiqués dans certaines régions), et touche aussi bien les hommes que les femmes.

Sarcome de Kaposi : la forme iatrogène
Cette forme du sarcome de Kaposi apparaît généralement plusieurs années après une transplantation d’organes – la pathologie atteint ainsi 0,04 % des transplantés rénaux selon Orphanet. « Le déficit immunitaire (notamment lié au traitement immunosuppresseur) permet le développement du sarcome, qui peut s’avérer agressif  » développe le Pr. Blay.

Une fois encore, la première étape du traitement consiste à restaurer les défenses immunitaires du patient pour empêcher l’évolution de la pathologie. Ensuite, des traitements locaux (ablation chirurgicale du/des nodules) et généraux (chimiothérapie, radiothérapie…) peuvent être proposés.

Sarcome de Kaposi : la forme endémique
Plutôt observée sur le continent africain (en particulier en Afrique de l’Est, selon l’Institut Pasteur), cette forme du sarcome de Kaposi atteint avant tout l’enfant et l’adolescent – on parle de » forme lymphadénopathique prépubertaire « . La maladie (qui est sévère, souvent fatale) touche plutôt les ganglions et les viscères.

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