Les États-Unis viennent de sanctionner, via le Bureau de l’industrie et de la sécurité (BIS) du département du Commerce, 22 sociétés accusées pour leurs supposées implications dans des activités contraires à la sécurité ou aux intérêts de la politique étrangère américaine.

Disséminées dans une douzaine de pays, les entités concernées ont soit transbordé des produits vers des juridictions sanctionnées, détourné des exportations vers l’Iran ou soutenu des activités d’armement en Syrie. Certaines d’entre elles sont épinglées pour avoir pris part à des activités nucléaires non soumises à des garanties.

Installée au Sénégal, la société Dart Aviation dont la maison mère se trouve au Royaume Uni, n’a pas échappé à ces sanctions. Par conséquent, elle ne devrait plus etre autorisée à recevoir des exportations américaines.

Dart Aviation s’est spécialisée dans la fourniture de biens et services pour l’aviation civile exclusivement.
L’administration Trump lui reproche d’avoir transbordé des articles en provenance des Etats-Unis vers des pays et des entités sanctionnées sans les autorisations requises.

« C’est faux », balaie le fondateur de Dart Aviation. En réalité, ladite société a été sanctionnée pour avoir travaillé avec des compagnies aériennes iraniennes non soumises aux sanctions au regard du droit international. Ce qui, aux yeux d’Alain Asselah n’est pas problématique. « Les avions ont vocation à transporter des passagers de toutes nationalités à travers le monde y compris en Iran, ces passagers étrangers tout comme la population iranienne ont le droit de voyager dans des conditions de sécurité maximales, y compris dans des avions immatriculés en Iran, ce qui suppose que les avions iraniens soient entretenus selon les mêmes exigences que ceux d’autres pays conformément aux règles de l’OACI/ICAO dont l’Iran fait partie, donc que les services techniques des compagnies iraniennes puissent accéder librement aux pièces de rechange pour entretenir leurs flottes ce que notre société s’efforce de faire à travers le monde depuis 30 ans sans a priori politique. Les avions iraniens se posent tous les jours sur la plupart des aéroports européens, asiatiques, moyen orientaux, où ils reçoivent une assistance technique et la fourniture de services divers (refuelling & catering), ce partout dans tout le monde sauf aux États-Unis   », plaide-t-il.

Aujourd’hui, chargé des Contentieux dans cette société qu’il a fondée en 1991, Alain Asselah décrie la démarche du département du Commerce. « L’administration américaine nous a bien sollicité en direct voilà un an. Sans leur refuser l’accès à l’information, nous leur avons simplement demandé de respecter les circuits légaux en sollicitant en premier lieu le représentant légal de la société ainsi que leurs homologues européens et français ce qu’ils n’ont jamais fait pour des raisons qui nous échappent », déplore-t-il non sans assurer que Dart Aviation n’a rien à se reprocher. « Nous sommes en règle avec le droit français et/ou Européen sinon notre administration saurait nous rappeler à l’ordre », renchérit M. Asselah qui conteste dans la foulée « les règles d’extraterritorialité du droit américain » qui sont contre-productives  et ne font que ternir l’image d’une amérique que le monde entier avait l’habitude de prendre en modèle.

Pour Alain Asselah, les Etats-Unis se servent de ces sanctions pour régler des comptes avec l’Iran. « Ils ne nous visent pas particulièrement mais placent toutes les sociétés qui travaillent avec l’Iran sur la liste noire sans enquête sérieuse », se désole notre interlocuteur qui ajoute : « cela fait 15 ans que nous travaillons avec l’Iran avec la bénédiction de l’administration française des douanes et cellule Tracfin de Bercy ». « Que penserait l’opinion publique internationale si un avion iranien avec des européens à bord se crachait faute de maintenance », se demande M. Asselah.

Dans tous les cas, Dart Aviation n’entend pas servir de bouc émissaire ou de souffre douleur. Dans les prochaines heures, une correspondance sera adressée à l’antenne de l’administration américaine de Francfort pour obtenir des explications, nous confie Alain Asselah.

De son côté, le représentant de Dart Avation au Sénégal a préféré ne pas s’impliquer personnellement dans ce dossier qui ne concerne pas le marché africain dont il a la charge. Dakaractu a tenté d’entrer en contact avec lui. Mais, O. Diouf qui a bien reconnu au téléphone être le représentant de cette société de droit français au Sénégal, n’a pas souhaité répondre quand nous lui avons exposé le motif de notre appel.

Des activités de la société au Sénégal, elle a fourni ses services aux avions de la présidence entretenus par l’armée de l’Air Sénégalaise.

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