25 Mars 2020 – 25 Mars 2021: Il y a un an que Soumaïla Cissé était enlevé par des jihadistes

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Il y a un an, le 25 mars 2020, Soumaïla Cissé, l’une des figures majeures du paysage politique malien, était enlevé non loin de Niafunké, dans la région de Tombouctou, par un groupe de jihadistes qui allaient le retenir en captivité pendant vingt-neuf semaines.

Il y a trois mois, le 25 décembre 2020, celui qui depuis sa libération début octobre avait repris son rang de leader de son parti et désormais de favori pour la prochaine élection présidentielle (prévue en mars 2022), décédait du Covid-19 dans un hôpital de Neuilly, en région parisienne.

Prisonnier pendant six mois, de mars à octobre 2020, entre les murs invisibles du désert, Soumaïla Cissé, 70 ans, a été l’otage sans doute le plus médiatique des jihadistes d’Al-Qaïda.

Ancien ministre, ex-président de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), cet ingénieur-informaticien formé en France était, lors de son enlèvement, la figure majeure de l’opposition politique malienne. Trois fois candidat à l’élection présidentielle, arrivé trois fois second avec des scores variant entre 25 % et 35 % des voix, député et chef de l’Union pour la République et la démocratie (URD, 19 sièges au Parlement), celui que ses militants appellent « Soumi » est considéré comme un prétendant sérieux au prochain scrutin, annoncé par les militaires au pouvoir à Bamako pour 2022.

« Plusieurs dirigeants de son parti ont été actifs au sein du M5, le Mouvement du 5 juin qui est à la base de la chute du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta [IBK], confie un diplomate en poste à Bamako. Il n’a pas de véritable rival politique et sa captivité a renforcé sa stature internationale. »

Début novembre, après un passage par Paris, il s’est embarqué dans une tournée de remerciements des chefs d’État de la région qui se sont mobilisés en sa faveur pendant sa détention et qui l’a conduit de Dakar à Niamey en passant par Lomé, Accra, Abidjan, Ouagadougou et Nouakchott, rencontrant dans chaque capitale la nombreuse communauté des expatriés maliens.

De retour à Bamako, celui qui revendique la nécessité de se « remettre à jour » après une si longue absence – et qui n’a pas oublié de téléphoner à l’ex-président IBK, renversé alors qu’il était en captivité, pour lui exprimer sa gratitude d’avoir œuvré pour sa libération – se consacre à la préparation du congrès de son parti, prévu pour le 27 décembre.

De cette épreuve, au cours de laquelle il s’est battu pour que son esprit se dissocie de son corps afin de ne jamais perdre espoir, Soumaïla Cissé est sorti à la fois indemne physiquement et renforcé psychologiquement.