Akilee, le dauphinat et la liquidation politique

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C’est un véritable tsunami pour ne pas dire une véritable éruption volcanique qu’a fini de créer le contrat qui lie la Société nationale d’électricité (Senelec) à Akilee. Depuis l’arrivée de Pape Demba Bitèye à la direction générale de la société d’électricité, cette affaire est au-devant de la scène et paraît susciter ou réveiller des intérêts qui révèlent des relents également politiques. Makhtar Cissé, au cœur de ce contrat avant sa nomination au département du pétrole et de l’énergie – quoi que l’on dise – est cité dans la shortlist des potentiels dauphins du Président Macky Sall. Ce qui pourrait ne pas plaire au Prince, mais surtout à ses ouailles liquidateurs d’ambitions soupçonnées.  

Actuellement, le débat fait rage autour du contrat Senelec-Akilee au point d’occuper tout l’espace public. Les différentes sorties d’un tel ou d’un tel autre camp voudrait que l’on se perde dans la recherche du principal coupable qui a «assassiné» l’intérêt supérieur des Sénégalais dans la gestion de la perte d’énergie qui est une réalité à Senelec et qui lui fait perdre plusieurs dizaines de milliards Cfa chaque année. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons de la venue de la société Akilee – dont le contrat signé en bonne et due forme – pour aider la société d’électricité à amoindrir les chocs liés à ces pertes considérables. Seulement, ledit contrat semble se transformer en un véritable tsunami pour ne pas dire une véritable éruption volcanique.

Et, depuis l’arrivée de Pape Demba Bitèye qui tient les manettes de la Senelec, c’est un combat acharné que se mènent les différents acteurs, malgré la signature en bonne et due forme du contrat – malgré l’existence de décaissements effectués et qui concernent des milliards Cfa. Mais, que peut donc cacher un tel contrat volcanique ? La question est posée avec acuité car, au-delà des aspects purement techniques, il faut s’intéresser à l’approche politique. Ministre de tutelle du Directeur général de la Senelec, Makhtar Cissé semble ne pas trop disposer d’armes. La chose qu’il développe et soutient, n’est autre que l’insistance de son discours autour d’un «bon» contrat. Seulement, il faut bien s’appesantir sur la réalité politique qui donne l’impression que la tentative de liquidation politique de ce dernier est avérée. Cité dans la short List des potentiels dauphins, Makhtar Cissé peut bien gêner le «Prince». Il faut y ajouter les manœuvres d’ouailles politiques liquidateurs d’ambitions soupçonnées. Et, l’actuel ministre du Pétrole et de l’énergie est bel et bien dans ce créneau. L’autre vérité peut aussi concerner une lutte pour la non-mise à l’écart de la société Simelec appartenant à Pape Dieng, ancien Directeur général de la Senelec et vu comme un «ami» de la famille présidentielle.

Dans tous les cas, sur la balance, l’une et l’autre appréciation peut trop peser. Mais à coup sûr, il ne peut pas ne pas avoir dans ce dossier signé en bonne et due forme entre Senelec et Akilee, des considérations politiques liées à ce que certains appellent la montée en puissance de Makhtar Cissé qui reçoit des coups et paraît contenir sa colère pour ne donner le coup fatal qu’au moment approprié.