Algérie : comment le pouvoir tente d’étouffer le Hirak

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Les autorités ont décidé d’en finir avec les marches de protestation en actionnant plusieurs leviers répressifs à moins de trois semaines de la tenue des élections législatives du 12 juin.

Pour la première fois depuis la reprise, en février 2021, des manifestations du Hirak, le pouvoir est parvenu à bloquer la marche hebdomadaire qui devait avoir lieu vendredi 21 mai à Alger. Ce vendredi-là, l’accès aux rues principales où se tiennent traditionnellement ces manifestations est bouclé par un impressionnant dispositif policier. Même scénario dans plusieurs villes du pays, où les services de sécurité ont bouché les parcours empruntés par les marcheurs. En revanche, à Bejaïa et Tizi Ouzou, les deux principales villes de Kabylie, la manifestation a drainé, comme à l’accoutumée, des dizaines de milliers de Hirakistes.

Le bilan de ce vendredi est lourd. Des centaines de personnes sont interpellées dans plusieurs régions du pays avant d’être relâchées, alors qu’une cinquantaine de manifestants sont placés sous mandat de dépôt. Il faut remonter à l’été 2019, à l’époque où Ahmed Gaïd Salah, ex-patron de l’armée, avait choisi l’option de la force pour contenir la contestation, pour constater un tel climat de répression.

PAS D’INTERNET, PAS DE LIVE ET DONC BLACK-OUT SUR LA HIRAK. A PRIORI, CETTE STRATÉGIE S’AVÈRE EFFICACE

En février 2021, pourtant, une soixantaine de détenus ont été graciés par la présidence, un signe perçu comme un geste d’apaisement. « Le Hirak béni a sauvé l’Algérie, déclare Tebboune dans un discours à la nation. J’ai décidé d’accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu’à d’autres pour lesquelles aucun verdict n’a été prononcé. » Aujourd’hui, on dénombre 180 prisonniers d’opinion en Algérie, selon le décompte d’un comité pour la libération des détenus.