Amnistie de Karim sur fond de «deal» : Les instruments de répression et de Justice à rude épreuves

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Le deal politique entre Abdoulaye Wade et Macky Sall qui implique Karim comme «monnaie d’échange», vers son amnistie, met encore sur le tapis la lancinante problématique de l’indépendance de la Justice au Sénégal. Car, comme l’a dit Maurice Soudieck Dionne, enseignant chercheur à l’Ugb, «une amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade pourrait jeter le trouble dans l’esprit des citoyens. En allant dans ce sens, on confirme l’idée qu’il y a une manipulation des instruments de répression et de justice».

«Deal politique…»
Dans le secret le plus total, l’ancien président sénégalais, Abdoulaye Wade, avait effectué en février dernier, un voyage à Conakry, et à rencontrer le Président Condé. Les deux hommes auraient signé un pré- accord à plusieurs variantes et qui implique notamment le fils de l’ancien président sénégalais, Karim, installé au Qatar, comme monnaie d’échange. Le deal politique prenant en compte l’amnistie de son fils, a réduit Wade au silence. Contraint de changer de fusil d’épaule en direction du chef de l’Etat, Macky Sall qu‘il épargne désormais de toute attaque, c’est-à-dire de toutes représailles.

…Les instruments de répression et de justice à rude épreuve»

Si le « deal politique » tant parlé entre Wade et Macky pour amnistier Karim Wade, venait à se réaliser, c’est la Justice Sénégalaise qui va subir une fois de plus un sacré coup. Car, de l’avis de Maurice Soudieck Dionne, enseignant chercheur à l’Ugb, «une amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade pourrait jeter le trouble dans l’esprit des citoyens. En allant dans ce sens, on confirme l’idée qu’il y a une manipulation des instruments de répression et de justice».

D’ailleurs, en fin mars 2018, une table ronde sur la situation de la Justice au Sénégal était tenue à Dakar sous le thème : «Justice au Sénégal: état des lieux et réformes».

Des juristes, des magistrats, des avocats et des acteurs de la société civile ont pris part à cette importante rencontre d`échanges.

C’est en ce sens qu’avait déclaré le président de l’Union des magistrats du Sénégal (UMS), Souleymane Téliko, que «les principes qui garantissent l’indépendance de la Justice au Sénégal ne sont pas opérationnels».

A l’en croire : «quand on parle de l’indépendance de la Justice, c’est sa capacité à fonctionner à l’abri de toute ingérence venant d’un quelconque pouvoir et surtout du pouvoir politique […] et ça malheureusement, nous avons fait un colloque et des journées d’Etudes entre magistrats et la conclusion à laquelle nous sommes parvenus c’est que ces principes qui garantissent cette indépendance-là ne sont pas opérationnels au Sénégal», a notamment dit Mr. Téliko.

De l’avis du président de l’UMS, «il incombe à l’Etat la responsabilité de garantir cette indépendance à travers deux principes que sont l’inamovibilité des magistrats et l’administration du système judiciaire».