Après deux reports consécutifs, le 18e sommet de la Francophonie s’est ouvert à Djerba

0
155

Après deux reports consécutifs, le premier en 2020, en raison de la crise sanitaire et le second en 2021, sur fond de manifestations en Tunisie contre le durcissement du pouvoir du président Kaïs Saied, le 18e sommet de la Francophonie s’est ouvert ce samedi.

C’est la première fois, depuis 2018, que les chefs de d’États et de gouvernement de la Francophonie se réunissent et cela faisait deux ans que l’Arménie attendait de pouvoir passer le flambeau à la Tunisie. C’est désormais chose faite.

Trois personnalités se sont exprimées ce matin : le président tunisien Kaïs Saïed, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et la secrétaire générale de l’organisation, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Ils étaient tous soulagés que ce sommet puisse enfin se tenir et, à ce propos, le chef de l’État tunisien n’a pas manqué de faire allusion, sans les citer, à ces pays (comme le Canada) qui s’étaient montrés réticents quant au choix de la Tunisie.

« Comme tout le monde le sait, il était question, à des moments difficiles et pour des raisons multiples, d’organiser ce sommet à distance, voire même, pour certains, de l’annuler pour l’organiser ailleurs. Mais notre volonté inébranlable, avec l’appui de nos amis, a fini par l’emporter. Nous voilà réunis aujourd’hui à Tunis et à Djerba », a déclaré le président tunisien.

Crises et conflits dans l’espace francophone

Les chefs de d’États et de gouvernement planchent maintenant sur différents textes. Ils doivent notamment adopter une résolution sur les crises et conflits dans l’espace francophone. Parmi les sujets qui préoccupent le plus les États-membres de la Francophonie, il y a la guerre en Ukraine, la crise au Liban ou encore en Haïti, mais aussi la situation sécuritaire au Sahel ainsi que le récent regain de tensions entre la RDC et le Rwanda.

Dès vendredi, lors de la Conférence ministérielle, la question sur les tensions entre la RDC et le Rwanda était sur la table. Ce sujet revient beaucoup dans ce Sommet de la Francophonie. Selon nos informations, il devrait d’ailleurs faire l’objet d’une rencontre, à huis-clos, en présence de la Secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo. L’objectif étant, pour la Francophonie, de parvenir à faire émerger une position commune sur un dossier qui reste extrêmement épineux.

Les attentes de la RDC

Le président congolais, Félix Tshisekedi, ne sera pas présent au sommet. Il est représenté par le Premier ministre congolais Jean-Michel Sama Lukonde.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres de vendredi 18 novembre, en participant à ce sommet, la RDC compte dénoncer, à travers différents échanges bilatéraux et multilatéraux, « l’agression dont elle fait l’objet de la part de son voisin le Rwanda ». À Kinshasa, on attend également une réaction de l’OIF sur cette question, une attente également présente même dans l’opposition. Martin Fayulu tente de mettre la pression : « Si le sommet de l’OIF ne condamne pas l’agression de la RDC par le Rwanda à travers ses supplétifs de M23, cette institution internationale perd sa raison d’être et la RDC n’aura plus aucun intérêt à y rester membre », dit-il.