«Ce qui a été réellement à l’origine du report de la manif de YAW»

0
205

C’était une médiation réussie. Si la coalition Yewwi Askan Wi était parvenue à surseoir son rassemblement, du 29 juin 2022, c’est parce que des acteurs de la société civile, des hommes d’affaires, et même des religieux ont pris les devants en allant rencontrer ses principaux leaders. Mais, d’après Alioune Tine, il n’y avait pas que ça. D’autres facteurs ont pesé sur la balance pour faire reculer Ousmane Sonko, Khalifa Sall et Cie. « Nous avons fait la médiation. Mais il faut prendre en compte la clameur globale. Il y a eu des intellectuels et des universitaires qui ont réagi. La presse est intervenue. Pareil pour Le mouvement And Samm Jikko Yi. Beaucoup de segments de la société sont intervenus. Mais il me semble qu’il y a eu une responsabilité imminente des autorités publiques qui ont, quand même, envoyé un message en libérant les députés et les militants arrêtés le 17 juin. Cela a été un message fort pour dire que nous avons fait un pas », a-t-il.

L’initiateur du Think Tank d’Afrikajom Center, invité du Jury du dimanche, ce 3 juillet, estime également qu’il y avait des concessions de part et d’autre. Selon lui, les leaders ont fait une belle analyse du contexte avec l’approche de la fête de tabaski et les examens de fin d’année. « Ils ont également un sens des responsabilités aiguë en acceptant d’aller aux élections avec la liste de leurs suppléants en se conformant à la décision du Conseil constitutionnel. YAW a apprécié la situation et écouté les populations, les chefs religieux, la société civile », renseigne Alioune Tine. Qui ajoute : « C’est la marque de la spécificité sénégalaise en matière de démocratie. J’ai remarqué que l’opposition a été très légaliste par rapport à cette manifestation. Elle avait même saisi le juge des référés. On a épuisé les voies de recours démocratiques. Ce qu’il faut saluer dans une démocratie. Maintenant, il faudrait essayer de voir comment aller au-delà pour que l’Etat de Droit ne succombe pas ».

Dans leur médiation caractérisée par des rencontres avec les acteurs politiques, Alioune Tine informe qu’ils ont également eu des échanges avec la majorité. C’est dans ce cadre qu’ils ont été reçus par le ministre de l’Intérieur au nom du chef de l’Etat. Les médiateurs ont ensuite rencontré les responsables de la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakar qui leur ont assuré de leur volonté manifeste à analyser le processus électoral pour voir ce qui pourrait être amélioré. « On a eu une très bonne discussion avec la majorité. Il y a de fortes recommandations qui sont sorties de nos échanges. J’étais agréablement surpris d’ailleurs quand ils ont dit qu’il faudrait que l’on évalue ce qui s’est passé. Que l’on examine les textes, évalue le processus pour voir ce qu’il faut corriger. Ils nous ont assurées aussi que s’il y a une charte de la paix, ils sont prêts à la signer », a indiqué l’ancien coordinateur de la Raddho.