CESE : Mimi épinglée par l’IGE

0
38

Dans ses fonctions de présidente du Cese, Mme Touré a été mise en cause par une mission de l’Inspection générale d’Etat (Ige), sur l’utilisation de plus de 2 milliards 136 millions au moins. L’enquête de l’Ige a, entre autres, fait ressortir «une élaboration et une exécution du budget en marge des lois et règlements en vigueur, ayant entraîné des fonds budgétisés et dépensés vers des destinations inconnues».

Sans oublier, assurent les inspecteurs généraux, «une violation systématique des règles applicables en matière de passation et d’exécution des marchés publics, et la signature et le paiement de contrats de communication sans intérêt ni contrepartie valable pour le Cese».

S’agissant des dépenses vers des destinations inconnues, l’Ige a repéré dans les comptes du Cese, des comptes libellés «Fonds d’intervention sociale» débités de plus d’1 milliard 20 millions Cfa, ou «Œuvres sociales» décaissés de plus de 642 millions, ou «Aides & Secours» qui auraient coûté plus de 474 millions. L’Ige s’étonne de ce que le Cese dépense dans le «Fonds d’intervention sociale» près du sixième de son budget annuel. Et plus, en mettant la dépense sous le compte 6497 qui, dans le Plan comptable de l’Etat, est destiné aux «transferts pour liquidation de passif».

A côté de ces anomalies, les vérificateurs ont noté plusieurs retraits en liquide opérés par deux assistants de l’agent comptable du Cese. Lesdits retraits, qui vont de fin janvier 2020 à la fin de la même année, dépassent le milliard 400 millions de Cfa. Les personnes interrogées par les Ige auraient affirmé aux vérificateurs que tout l’argent «était remis à la présidente, sans aucune décharge». Mieux, «toutes les dépenses étaient exécutées à la demande de la présidente», a notamment déclaré le Directeur administratif et financier de Mme Touré aux Ige.

Il faudrait noter que le document de l’Ige, que Le Quotidien n’a pu que très brièvement parcourir, n’est qu’une note d’étape. Les inspecteurs indiquent qu’elle se justifie quand, au cours de leur travail, ils constatent des faits graves qui demandent que des mesures urgentes soient prises pour sauvegarder les intérêts de l’Etat, ils la produisent pour permettre au chef de l’Etat de prendre des mesures idoines. Ce qui veut dire que le rapport définitif n’était pas encore disponible quand cette note a été produite. On a également noté l’absence de réponse de la principale concernée à cette étape de l’enquête.