Cheikh Bamba Dièye : « Nous opposer à un 3e mandat de Macky Sall est un impératif… »

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Cheikh Bamba Dièye alerte sur un « éventuel choix par défaut en 2024« . Invité de l’émission J.D.D ce dimanche, le leader du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (Fsd/Bj) est revenu sur la question du 3e mandat.

Penser au Sénégal…

« De nos jours, la totalité de l’opposition est opposée à un 3e mandat. Je trouve le slogan bon, mais très limité. Parce que l’élection présidentielle c’est une question d’une journée à la limite. Au-delà, qu’est-ce qu’on va faire ? Quelle perspective allons-nous décliner ? C’est ce qui est dommage et c’est ça qui pose beaucoup de problèmes. Parce que des acteurs politiques s’engagent pour leur pays et mènent un combat pour la justice. Il est dommage qu’à la fin de leur mandat qu’on soit retourné aux engagements premiers et aux revendications premières. C’est pourquoi les acteurs politiques de tout bord doivent réfléchir profondément et penser au Sénégal« , a réagi Cheikh Bamba Dièye.

Choix par défaut en 2024…

D’après le leader du FSD/BJ, « une élection présidentielle autour du non au 3e mandat va occulter l’essentiel de la vie publique et politique au Sénégal. Pendant tout ce temps, on aurait dû avoir du temps pour parler aux Sénégalais sur les enjeux de l’heure… On est au Sénégal où la parole donnée à un sens. De ce point de vue-là, je pense qu’il est extrêmement important que si nous voulons construire notre pays, que l’idéal de l’homme politique soit conforme à nos aspirations. Dans notre société profonde, en milieu mouride, en milieu Tidiane, en milieu Layenne il n’y a plus de crédit auprès d’une personne qui n’accorde pas de l’importance à ses engagements. C’est à ce niveau-là que le fait de nous opposer à un 3e mandat de Macky Sall est un impératif. On ne peut pas l’occulter mais il est essentiel« .

L’usure du pouvoir…

Avant de poursuivre : « Parce que personne n’est indispensable au Sénégal. Des présidents ont été exceptionnels durant leur mandat mais au-delà, la vie ne peut pas se suffire sur une certaine forme de stagnation. Nous avons besoin de nous renouveler dans nos idées, dans nos personnalités. C’est pour cela qu’on a voulu rejeter le mandat permanent. Parce que nous sommes dans un monde qui change, qui évolue. Et les gens peuvent être fatigués, émoussés. Il y a l’usure du pouvoir. Il y a tellement de facteurs qui participent à ce que nous puissions comprendre qu’au-delà de deux mandats la personne est éreintée, usée par le pouvoir qu’elle n’est plus capable de relever les défis. C’est monstrueux de penser qu’une personne est la clé de la situation…«