De la fiction à la réalité : Dans l’intimité des «Infidèles»

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La critique autour de la série «Infidèles» qui les a réunis, ne les a pas épargnés, pas plus que les rôles qu’ils y incarnent. Adultères, volages, libertins, aigrefins pour la plupart, Gnilane, Djibril, Mbayang, Bouba et Amy ont néanmoins tous un charme désarmant. Ridial est, lui, à l’inverse de ses collègues, beaucoup plus rangé et charismatique. Pleins feux sur ces acteurs magnétiques, aux personnalités plus captivantes les unes que les autres…

NDEYA BARRY ALIAS GNILANE : L’ingénue 

«Elle a  les yeux Révolver, elle a le regard qui tue…» Ces paroles de cette chanson mythique de Marc Lavoine semblent être composées pour elle. D’un simple coup d’œil, elle vous foudroie sur place. De sa voix suave, elle vous envoûte. Ndèya Barry, de son vrai nom, est l’une des jolies nymphes qui donnent de l’allure et du pep au casting de la série «Infidèles». Elle y incarne Gnilane, une épouse adultère qui a cédé au péché de la chair face aux beaux muscles de Djibril, un photographe au sourire aguicheur, mais qui cache une face plus sombre. En dehors des caméras, c’est une jeune femme native de Dakar. Inscrite à l’école, elle suit un cursus normal, jusqu’à ce qu’elle lâche ses études en classe de 3e. Le monde du travail s’ouvre alors à elle. Ndèya est, tour à tour, employée comme commerciale dans une grande concession automobile et dans une agence spécialisée dans le Marketing et la Communication. Entre-temps, sa beauté avait tapé dans l’œil des acteurs du Show-biz. Elle démarre une carrière comme modèle et participe à de nombreux shootings. Tandis que le Cinéma restait dans un coin de sa tête. Passionnée depuis sa tendre enfance, Ndèya Barry a joué dans pas mal de projets avec différentes maisons de productions. Mais à coup sûr, son rôle dans «Infidèles» est celui qui va la propulser au-devant de la scène. «J’ai intégré Even Prod par le biais d’une amie à qui je suis profondément reconnaissante. C’est une belle expérience que je vis actuellement grâce à la rigueur, au professionnalisme, à l’abnégation et à l’esprit d’équipe qui prévaut dans la boîte.» S’agissant de son rôle, elle déclare de but en blanc : «Lorsqu’on m’a proposé de jouer Gnilane, je n’ai pas hésité, car c’est fictif.» Peu importe les critiques des bien-pensants, la métisse Peulh et Sérère ne s’arrête pas là-dessus. En fervente Mourdide et adepte des Khassaïdes (chants religieux) du vénéré Cheikhoul Khadim, Ndèya est une jeune femme qui sait faire la part des choses. D’ordinaire joviale, mais quelque peu réservée, après ses tournages, elle adore s’aérer la tête à la plage ou devant un bon film documentaire.

MOUSSA SOW ALIAS DJIBRIL : Ecorché vif

Il rêve d’interpréter de grands rôles comme à Hollywood. Ambitieux, le jeune homme de 30 ans, féru de Cinéma, en a longtemps arpenté les marches. A maintes reprises, il a écumé les castings sans intéresser les producteurs. Il n’a pas pour autant baisser les armes. Aujourd’hui, sa patience a fini par payer. Il est devenu l’une des valeurs sûres du septième art et tout appris sur le tard. Son rôle très remarqué dans la série «Infidèles» lui confère un statut d’artiste à part entière. Djibril est un photographe qui n’a pas été gâté par la nature. Rejeton illégitime, il a grandi sans l’amour d’un père et d’une mère, avec le regard méprisant d’une société très à cheval sur les principes. Lorsqu’il devient adulte, il nourrit des rancœurs contre les femmes sur qui, il déverse toute sa haine. C’est ainsi qu’il séduit une femme mariée (Gnilane) dans l’unique but de se venger de ses turpitudes. Moussa Sow de son vrai nom est né à Bambilor. Après le lycée, il intègre l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar au département d’Anglais. En 2013, il décroche sa Licence tout en prenant des cours en Management, jusqu’à ce qu’il obtienne son Master 1. Avant de passer le Master 2, il lâche ses études en cours de route, avant d’être embauché dans une structure étatique qui évolue dans le service de l’emploi des jeunes. En même temps, il réussit à avoir son premier rôle dans une Web-série. Depuis, les choses se sont enchaînées pour Moussa Sow. De «Wouté», à «Sakho et Mangane», «Recto verso», «Dakar», «Black and white», «Belle-mère», il joue maintenant aux côtés de son idole et mentor, Ibrahima Mbaye Tché, dans «L’or de Ninki Nanka». Issu d’une famille très religieuse, son père est un Cheikh dans la confrérie Khadriya, Moussa Sow, une fois que les rideaux s’abaissent sur lui, redevient une personne simple, généreuse qui aime être avec ses amis.

YA AWA LAYE SAMB ALIAS AMY : «La belle et la bête»  

Au-delà de sa plastique de liane, il y a cette étincelle qu’elle dégage. Un charme déroutant qui fait d’elle, l’une des actrices les plus en vue de la série «Infidèles». Pour son premier rôle au Cinéma, Ya Awa Laye Samb, Ya Awa Rassoul pour les intimes, interprète Amy, une jeune femme qui n’a pas de scrupules à plumer les hommes avides de sensations fortes. Son objectif était de gruger jusqu’au dernier centime ses «Daddy sugar», pour les beaux yeux de son Bouba, un jeune homme au physique d’Apollon, pour qui elle est prête à tout donner. Jusqu’à ce que celui-ci lui plante un couteau dans le dos. Elle ouvre enfin les yeux et se résout à avoir une vie plus rangée aux côtés de son nouvel amoureux. Dans la réalité, Ya Awa est d’ailleurs ainsi. Sa vie pourrait se résumer à la pratique de sa religion et à son boulot, même si, comme les jeunes de son âge, elle adore s’amuser et prendre du bon temps. Née à Rufisque, elle y a fait ses humanités mais, elle tient ses origines à Yoff, issue d’une grande fratrie de Léboue. Elle étudie à l’école Franco-Arabe du coin où elle a décroché son BFEM, avant de s’orienter vers un Centre d’enseignement technique. Attirée par tout ce qui se rattache à la mode, elle suit une formation en Couture. Son diplôme en poche, Ya Awa Rassoul écume les ateliers pour gagner des miettes qu’elle reversait à sa mère. Très tôt, la demoiselle au caractère fort a pris ses responsabilités et a décidé de prendre en charge celle-ci et ses frangins. Une tâche ardue pour laquelle, elle s’est retroussé les manches et en a vu des vertes et des pas mûres. Le Coran qu’elle a maîtrisé à deux reprises, reste sa seule consolation face aux aléas de la vie. C’est grâce au Livre Saint que Ya Awa ne rate aucune prière de la journée et parvient à écarter de son chemin, toutes les tentations auxquelles Amy n’a pas pu résister. «Je suis très différente d’Amy. Ce n’est pas mon genre de plumer des hommes âgés au profit d’un autre plus jeune. Je gagne ma vie à la sueur de mon front. Malheureusement au Sénégal, on ne fait pas la différence entre le personnage et la personnalité. Du coup, on ne prend pas en compte les messages véhiculés et le fait que ce que nous projetons à l’écran est le reflet de la réalité», souligne-t-elle. Par ailleurs, elle ne se serait jamais projetée dans la peau d’une actrice. Par le plus grand des hasards, elle s’est retrouvée derrière la caméra. Auparavant, elle a été animatrice d’une émission dans une télé de la place.

EDU NDAO ALIAS BOUBA : Le bourreau des cœurs

A travers la série «Infidèles», il a prouvé combien son talent est immense et qu’il peut se glisser dans la peau de n’importe quel personnage. Du parfait gentleman, gendre idéal, il s’est mû dans la carapace d’un bad-boy insatiable, bourreau des cœurs doublé d’un scélérat. Un changement radical qui n’a pas non plus épargné son physique et son look. Cheveux peroxydés, bracelets clinquants aux poignets, style gangsta, langage de rue, il a poussé le jeu jusque dans les moindres détails. «Tout changement est difficile aux yeux du public. Par rapport à moi, c’était facile et difficile à la fois. C’est mon devoir d’acteur de changer de facette à tout instant. J’ai l’habitude de dire qu’un bon acteur, c’est comme un verre vide, tu dois pouvoir le remplir avec n’importe quel liquide. Je pourrais parfaitement jouer le rôle d’un Iman, d’un gangster, d’un fou, d’un président. Je ne dirais pas qu’un tel rôle me va mieux que l’autre, tout dépend du projet. Seulement au Sénégal, on t’associe aux rôles», argumente Edu. C’est dans «Pod et Marichou» qu’il a fait ses premiers pas dans le cinéma et affûté ses armes pour devenir un acteur incontournable dans le paysage audiovisuel. Après cette première expérience avec «Marodi» qui a été un succès pour lui, il a été copté pour participer à d’autres projets d’envergure. Il a ainsi collaboré avec «Pikini Production», «Khar Média», «Cataléa», une maison de production italienne, et une autre française. Petit à petit le bonhomme creuse son trou. Il est bien loin le temps où il a quitté son Saint-Louis natal, son Bac en poche pour venir s’installer à Dakar. Dans un premier temps, il s’inscrit à l’Ucad à la Faculté des Sciences juridiques et politiques avant de virer, un an après, dans le Marketing Communication. Détenteur d’une Licence 3 dans cette filière, Edu Ndao alias Bouba est employé, des années durant, dans plusieurs services à la Sonatel. En 2014, il quitte la boîte pour intégrer une société spécialisée dans la vente et location de matériaux médicaux comme Directeur commercial. C’est donc par effraction, qu’il a embrassé le métier d’acteur, pour lequel il consacre la majeure partie de son temps. Lorsqu’il n’est pas en tournage, Edu est un casanier. A part se rendre au Sports, il ne sort presque jamais, même pas pour aller au restaurant, encore moins en boîte. Sa seule préoccupation est la recherche de sous pour assurer pleinement son rôle de responsable de famille. En bon Talibé Cheikh, il adore écouter les enseignements de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum…

MAMAN FATY ALIAS MBAYANG : Enflammée 

Elles étaient plusieurs fois en compétition pour le rôle de Mbayang, épouse d’un richissime homme d’affaires, très souvent en déplacement, atteint d’une impuissance sexuelle. Lasse de devoir subir des frustrations au lit, elle se dégote un amant, un jeune homme cupide qui n’est intéressé que par le gain facile qu’il tire de ses conquêtes féminines. Mais, c’est son profil, son jeu, sa moue câline et son côté félin qui ont le plus retenu l’attention d’Even Prod. Maman Faty à l’Etat-civil est une mordue du Cinéma. Cette passion qui sommeillait en elle depuis belle lurette, l’a d’ailleurs poussée à jouer un premier rôle dans la première saison de «Secrets de Famille». Elle y interprétait le rôle d’une fille timide, aux antipodes de celle qu’elle est dans «Infidèles». Un trait de caractère qui la définit dans la vraie vie. En dehors du fait qu’elle soit une grande introvertie, Maman est aussi une fêlée du travail, indépendante et autonome. Déjà, en étant à l’école, sa jolie frimousse couvrait la Une des magazines peoples où elle posait comme modèle. Ses parents arrachés à son affection alors qu’elle n’était encore qu’une gamine, elle a très tôt pris sa vie en main, sous l’aile protectrice de sa sœur aînée et conseillère. Après l’obtention de son Baccalauréat, elle a fait une formation en Commerce international, avant de déposer ses baluchons au Maroc pour poursuivre ses études. Sur place, elle monnaie son talent dans les centres d’appels et se lance plus tard dans le commerce. Une fois de retour au bercail, tout en continuant son business, Maman Faty a roulé sa bosse dans quelques entreprises où elle a travaillé comme comptable, assistante ou commerciale. Aujourd’hui, elle brille à l’écran même si son rôle, lui, n’est pas de tout repos. «Ce n’est pas facile compte tenu des réalités de notre pays. L’adultère est proscrit dans la religion et les Sénégalais ont tendance à ne pas faire de différence entre la réalité et à la fiction. Ils ne font pas non plus la part des choses, entre le personnage et la personne», lâche-t-elle dépitée, mais pleine d’espoir pour la suite de sa carrière…

KHADIM SENE ALIAS RIDIAL: Chevalier servant 

Ce rôle est comme qui dirait, pensé pour lui. Entre Khadim Sène et Ridial, on pourrait s’y méprendre. Baye-Fall dans l’âme, il est né dans la cité religieuse de Touba, il y a 31 ans, où il a passé toute son enfance à l’école coranique. C’est cette même formation qu’il transpose à l’écran. Un homme aux convictions religieuses qui, malgré son passé tumultueux, très ancré dans le Mouridisme. Privé de l’affection de ses parents décédés, il prend en main l’éducation de sa sœur cadette pour qui, il assure le gîte et le couvert. Mécanicien de son état, Ridial ne rechigne pas devant la suie et la poussière de son garage. C’est là-bas où il fera la connaissance d’une fille aux mœurs légères qui tombera sous son charme. Celle-ci emploie les grands moyens pour entrer dans ses bonnes grâces. Réticent au départ, il finit par céder et devient une sorte de chevalier servant pour la bonne dame. Auparavant, il avait interprété le rôle de Bily dans «Pod et Marichou» et d’autres rôles. Dans la réalité, Khadim Sène est une personne humble de nature qui s’est essayé à plusieurs petits métiers. Il a été boulanger, menuisier et vendeur de portables, avant de se lancer dans le jeu de rôle. Sans cesse à la quête de nouveaux défis, avec un caractère très fort, il s’est découvert un penchant pour l’acting quasiment par hasard. De nature très jovial, taquin et comique, ses amis lui répétaient sans cesse qu’il y avait sa place, jusqu’à ce qu’une occasion anodine se présente à lui. Il a la chance de jouer dans son quartier aux côtés du comédien Pape Faye. A partir de là, sa carrière est lancée…