Elections au Sénégal: La problématique des locales

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Les élections locales au Sénégal apparaissent de plus en plus comme un vrai casse-tête pour les autorités. Reportées au moins à deux reprises, la prochaine date fixée au mois le 21 mars prochain semble même incertaine pour certains experts. L’audit du fichier électoral n’étant pas encore été entamé.

Ce qui dérange, à ce propos, c’est la prorogation répétée des mandats des élus par des actes réglementaires alors que les mandats que le peuple leur avait confié en 2014 étaient déjà épuisés depuis longtemps. Une once d’illégalité se peaufine dans cette démarche qui devient de plus en plus gênante.

Aujourd’hui, le Sénégal s’est lancé, en plus, dans un dialogue politique où, justement, il est beaucoup question des élections locales.

Deux points importants ont été apparemment résolus par consensus : Le Maire sera désormais élu au suffrage universel direct et le parrainage sera supprimé pour les locales.

Deux avancées majeures qui ne feront que renforcer un processus électoral très particulier. Car, dans l’esprit de la décentralisation, les locales sont organisées justement pour permettre une gestion par les populations elles-mêmes de domaines transférés qui sont très important comme l’éducation, l’environnement, la santé, etc.

Donc, il est important, à ce propos que la tête de liste (majoritaire, en principe) gagnante soit également celle qui sera le Maire élu comme les populations l’ont toujours compris.

Mieux, le parrainage déjà difficilement mise en œuvre pour la présidentielle, sera presqu’impossible à envisager pour les listes locales. La cacophonie serait inévitable à ce propos.

Il reste toutefois un couac qui, jusqu’ici, n’a pas été levé. C’est la difficile question de la caution.

Celle-ci s’est également invitée dans l’organisation des élections chez nous alors que nous savons tous qu’elle exclut systématiquement les candidats qui n’ont pas les moyens financiers requis.

Cette forme de démocratie censitaire est à manier avec parcimonie. On ne peut pas imposer certains montants de caution. La présidentielle n’obéit pas aux mêmes réalités que les locales.

En clair, nous souhaitons que les discussions entamées aillent dans le sens sinon de supprimer du moins de réduire la caution exigée pour la ramener à une proportion acceptable pour tous parce que raisonnable.

Car, si l’on n’y prête pas garde à la caution, elle va fausser considérablement le jeu électoral.

Certes, ce qui s’est passé en 2014 avait heurté le bon sens avec un nombre de listes qui a explosé, mais, c’est cela aussi l’esprit de la décentralisation. Il faut permettre aux populations d’aspirer à gérer leurs terroirs. Et la démocratie a un coût.

Alors, à vouloir trop restreindre le nombre de candidats aboutirait à créer une forme d’élites politiques seule apte à être élue en ne se basant que sur des critères fallacieux comme le fait d’appartenir à un grand politique ou d’avoir un compte bancaire fourni.

Or, ce sera la meilleure façon d’élire des gens qui ne se préoccupent guère des problèmes de leurs localités avec les conséquences que l’on sait.

Grosso modo, de réels efforts doivent être fournis par les acteurs politiques afin d’arriver à l’organisation optimales d’élections locales qui ne souffriront plus d’ambigüités.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. Les consensus sont possibles et se réalisent, donc, les acteurs du dialogue n’ont pas droit à l’erreur.

Les reports sine die ne sont pas tolérables en matière d’élection. C’est pourquoi, au sortir de ces concertations, toutes les leçons doivent être tirées des dysfonctionnements actuels et aller dans le sens d’une maturation bénéfique à tous.