Entretien-Depuis qu’il est nommé à la tête du Prodac : Pape Malick Ndour fait du défi de la transparence son crédo

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Nommé à la tête du Programme des Domaines Agricoles (Prodac) depuis le 7 juin 2019,Pape Malick Ndour est un expert en Finances publiques. Il est titulaire d’un Master 2 Macro-économiste, et spécialisé en économie monétaire, Financière et Bancaire à l’Ucad. Après une solide expérience au ministère de l’Economie et des Finances, Pape Malick se voit confier la Direction des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac) depuis le 7 juin 2019.Dans cet interview, le natif de Kaolack met en exergue les stratégies et les orientations de la structure qu’il dirige dans un contexte où la pandémie du Coronavirus étale de plus en plus ses tentacules dans notre pays. Immersion.

Monsieur le Directeur, cela fait un an jour pour jour, vous êtes nommé à la tête du Prodac, quel bilan pouvez-vous tirer à la tête de cette Institution ?

Cela fait un an que je dirige le Programme des Domaines Agricoles (Prodac) mais avant d’aborder le sujet, je voudrai d’abord féliciter le Président de la République qui a bien voulu me faire confiance mais aussi le ministre de la jeunesse, Néné Fatoumata Tall.En effet lorsque j’ai hérité du Prodac, nous avions trouvé un programme d’une importance particulière pour le peuple Sénégalais. Car,la population sénégalaise est très jeune et cette dernière avait surtout besoin d’emploi. Pour ce faire, le Chef de l’Etat a inspiré une vision politique mais aussi économique qui s’articule autour de l’emploi des jeunes par l’agriculture. Ce qui à mené au Prodac. Certes, on a beaucoup parlé de scandale au niveau de cette structure par le passé mais depuis que j’ai hérité de cette direction, notre crédo, c’est le défi de transparence et de la traduction en actes de la vision politique du Chef de l’Etat Macky Sall.

Que pensez-vous de l’affaire Prodac qui a beaucoup fait parler d’elle

Je remercie le bon Dieu car depuis que j’ai hérité de cette structure en juin 2019,j’ai tout fait pour la réconcilier avec les Sénégalais. En vérité, depuis un an je suis à la tête du Prodac mais j’ai la conscience tranquille car on ne doit rien à personne, aucun argent ne nous empêche de dormir. Même si je quittais aujourd’hui, j’aurai la conscience tranquille. L’autre aspect concerne les 29 milliards avec Green 2000, c’est à dire les Dacs de première génération. On avait trouvé qu’il n’y avait qu’un seul Dac qui était prêt. Les trois autres n’étaient pas à point même si l’un d’eux commençait à bouger avant de s’arrêter. Les Dacs de Keur Momar Sarr, quand ns sommes venus à Keur Momar Sarr, nous avions seulement fait deux mois pour démarrer la production. Les riverains de Keur Momar Sarr m’entendent et peuvent témoigner de la véracité de mes propos. L’autre Dac concerne Keur Samba Kane. Il était lancé depuis 2015 et nous sommes parvenus à relancer ce Dac et les travaux ont connu un véritable avancement et dans quelque temps, nous allons l’inaugurer. L’autre Dac, c’est celui de Sangalkam qui avait des problèmes de financement avec le Dcpm et l’Armp et des problèmes de paperasses à tel enseigne que le financement n’était même pas bouclé. Quand nous avions expliqué les blocages, les populations ont compris et nous ont assisté et nous avions procédé à la relance des activités. Le financement a fini par être bouclé. Et dans un an, le chantier sera fin prêt pour son démarrage. Ce que je viens d’énumérer concerne les Dacs de la première génération qui sont ceux de Green 2000.Aujourd’hui, il y a un seul Dac qui est en activité, c’est surtout celui du Dac SEFA qui est celui des israéliens .Ce sont les Israéliens qui l’occupaient et comme cela ne faisait pas partie des clauses de notre contrat, nous avions fait en sorte que les Sénégalais le gèrent.

Les Dacs du programme des 52 milliards de la BID ont-ils démarré ?

Les autres Dacs qui concernent le projet de la Banque Islamique de Développement (BID), s’élèvent à 52 milliards. Ce sont les projets de Boulel ,Fafacourou et autres. Nous avions vu que l’appropriation des populations locales et des autorités administratives de ce programme n’était pas d’actualité. Nous sommes parvenus à tout relancer et les études ont commencé. Le marché sera lancé et nous saurons qui gagnera ce marché. Lorsqu’on m’a nommé le 6 juin 2019,le 7, plusieurs médias de la place avaient déclaré que nos partenaires Green 2000 allaient quitter le Sénégal. Ensuite ,nous avions discuté avec eux et ils ont compris que c’était de leur intérêt de travailler avec nous. Aujourd’hui, ils pensent plus se requinquer que de quitter le Sénégal. Concernant Locafrique aussi, quand je venais, leurs rapports avec Prodac n’étaient pas au beau fixe. Mais nous avions tout fait pour leur éclairer la lanterne et je remercie son Directeur Général, Khadim Bâ qui a bien compris notre partenariat et notre engagement dans la transparence et le respect mutuel de notre partenariat .Ainsi,nous avions rétabli de bons rapports avec eux. On a su rétablir la confiance. La tendance pour certains médias de la place ,c’est de comporter des ragouts à chaque fois que l’on parle du Prodac alors qu’il n’en est absolument rien.Il ne peut pas y avoir de scandale au Prodac.Il faut que la presse nous aide au dépassement car il n’ya aucun scandale au Prodac. L’autre jour, nous avions décidé de louer un appartement pour le compte de notre structure mais notre bailleur nous a signifié qu’elle avait peur parce qu’il y avait trop de problème au Prodac. Ce qui n’était pas vrai. J’ai du user d’un langage de vérité pour qu’enfin elle comprenne qu’il n’en était rien.

Qu’en est-il des problèmes de contrats du Prodac qui avait soulevé des vagues ?

Quand je suis arrivé à la tête du Prodac,j’ai trouvé des gens qui ne travaillaient pas du tout et qui se servaient de la structure. On les payait à ne rien faire. Cela ,je l’ai banni ici. Par contre, j’ai aussi trouvé des gens compétents qui respectent les normes du travail et qui sont toujours là. Depuis que je suis venu, j’ai pu économiser plus de 20 millions de FCFA sur ces emplois de sinécure que j’ai supprimé. La presse avait dit que c’était un problème des membres de la famille de Pape Malick Ndour,mais tout cela n’était que de la médisance.

Le Prodac peut-il atteindre ses objectifs avec la bombe foncière ?

A Sangalkam, l’ancien régime avait élaboré des baux qui n’obéissaient à aucun critère ni au respect à la loi. Le Chef de l’Etat Macky Sall a en effet annulé tous ces baux. Avec le ministère de la jeunesse et la Dscos, nous avions mis ces terres à la disposition des jeunes dans le cadre du Prodac. A Toubacouta aussi, nous avions un réel problème foncier. Nous étions même obligés d’aller voir les Eaux et Forêts pour voir comment aménager pour poursuivre les travaux. Il faut que la population de cette localité comprenne que le retard serait des activités du ¨Prodac dans cette zone est consécutif au problème foncier. C’est l’occasion pour moi de féliciter mes prédécesseurs qui ont fait un excellent travail sur le problème du foncier.

Le Prodac et le Ministère de la Jeunesse entretiennent-ils d’excellentes relations ?

J’entretiens d’excellents rapports avec le ministre de la Jeunesse Néné Fatoumata Tall. C’est un excellent ministre, c’est aussi un camarade de parti mais dans le cadre du Prodac il fait du fast-track. Je ne l’ai jamais appelé au téléphone sans l’avoir et elle n’a jamais fait preuve de laxisme dans le cadre du travail qu’elle abat .Je profite de l’occasion pour la remercier pour son soutien indéfectible dans le cadre du Prodac. Hier, j’ai fais une tournée à Keur Massar, Keur Samba Kane et je vois que les choses sont en train de bouger. Certes, le Coronavirus a eu des aspects négatif dans l’économie et je félicite le Président de la République pour son engagement et la lutte qu’il mène avec le peuple Sénégalais pour éradiquer le coronavirus. C’est pourquoi quand je vois le vois procéder à la relance de l’économie, je le félicite. Ce qu’il faut remettre en cause, c’est le fait que les mesures de prévention édictées ne soient pas respectées par les populations. Ceux qui disent que le Chef de l’Etat a lâché du lest à cause des manifestations contre le couvre-feu n’ont rien compris. Mais C’est tant mieux si ce sont les populations qui réclament le déconfinement, c’est tant mieux car le Chef de l’Etat gouverne pour eux. J’en profite d’ailleurs pour le féliciter et féliciter son ministre de l’intérieur, le ministre de la Santé, ainsi que et les autres ministres. Ceux qui disent que le président crée les cas positifs au coronavirus, je crois que cela relève de la théorie des complots. La relance économique concerne l’emploi des jeunes mais aussi l’autosuffisance alimentaire.

En tant que spécialiste de l’Economie et des Finances, que pensez-vous de l’après-Coronavirus ?

L’après pandémie, on présage d’un nouvel ordre mondial. Le secteur informel est très important dans notre pays. Et s’il y avait des petites et moyennes entreprises, le commerce, les Banques, etc. Pour nous au Sénégal, nous devrons faire beaucoup d’effort dans le cadre agricole. En brousse ceux qui cultivaient continuent leurs activités mais la pandémie est beaucoup plus sentie dans les centres urbains. Dans un pays où si le marché est fermé tout le monde crie au scandale alors là.Quand le président mettait en place le Prodac, c’était surtout pour les jeunes, les former ,les financer. Ce qui est à la base du Prodac. On vous donne une terre aménagée, financée, il y a des forages. C’est cela le programme du domaine, agricole. Notre travail aujourd’hui, c’est de réconcilier le programme avec les jeunes. C’est la raison pour laquelle, le Chef de l’Etat à nommé un jeune Ministre de la jeunesse et lui confier le programme. Et prendre encore un autre jeune et le nommer à la tête de cette structure. Si nous ne jouons pas la carte de la transparence comme si nous avons hypothéqué l’avenir de plusieurs générations de jeunes. Et l’objectif du Prodac, c’est de faire en sorte que les jeunes se sentent dans ce programme des Domaines agricoles communautaires (Prodac).