Euro : l’Italie sans Marco Verratti, ça donne quoi ?

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Ce vendredi, l’Italie ouvre le bal de l’Euro en recevant la Turquie à Rome (21 heures). Pour cette rencontre, la Nazionale ne pourra pas compter sur Marco Verratti. Concrètement, avec ou sans lui, ça change quoi ?

Ce n’est pas la première fois que l’Italie doit composer sans Marco Verratti. Lors de l’Euro 2016 déjà, la Nazionale avait dû composer sans le Petit Hibou, opéré d’une pubalgie quelques semaines avant le début de la compétition. Absents du Mondial en 2018, les Italiens retrouvent cinq ans plus tard une compétition internationale, cette fois-ci avec Marco Verratti dans le groupe. Cependant, le milieu parisien n’a pas terminé la saison avec son club et n’a plus joué depuis plus d’un mois et le match retour du PSG contre Manchester City. Totalement remis de sa blessure au genou droit, il a repris l’entraînement avec ballon ce mercredi et pourrait bien retrouver les terrains le 16 juin prochain face à la Suisse. Il ne faudra en revanche pas précipiter le retour de l’ancien milieu de Pescara en connaissant sa fragilité mais surtout à cause de son absence totale de forme après une telle absence.

Sans Verratti, l’Italie sait faire

Incontestable au PSG, contesté en Italie. S’il s’est positionné comme l’un des tous meilleurs milieux d’Europe depuis quelques années, Verratti est paradoxalement beaucoup plus discuté en sélection nationale depuis ses débuts. Son rendement avec la Nazionale a longtemps été critiqué avant qu’il ne parvienne à reproduire les mêmes performances qu’en club. Depuis, malgré ce statut de figure de proue de l’effectif, le joueur de poche peine à s’imposer comme le leader de ce groupe à cause de blessures trop nombreuses. Pourtant, le joueur est très apprécié par son sélectionneur Roberto Mancini, débarqué en 2018 pour reconstruire l’équipe après l’élimination en barrage face à la Suède. L’ancien entraîneur de Manchester City est d’ailleurs confiant quant à la capacité de son milieu à revenir rapidement et compte bien l’utiliser si celui-ci est apte.
Cependant, Roberto Mancini a dû s’adapter pour pallier les absences du natif de Pescara avec la sélection. La tendance récente laisse penser que l’Italie peut se passer de son génie. Depuis la fin des qualifications, le milieu de terrain n’a disputé que quatre des treize rencontres de l’Italie. Plus largement, sur la série record de la Squadra et ses 27 matches sans défaites (22 victoires et 5 nuls), Verratti a été absent à douze reprises, sans pour autant perturber les performances de l’équipe qui n’a concédé qu’un match nul face à la Bosnie.

L’Empire du milieu

Si l’Italie ne possède pas l’effectif le plus flamboyant au niveau des individualités malgré quelques noms ronronnants, le milieu de terrain est quant à lui bien fourni et constitue l’atout principal de la sélection. L’équipe ne perd plus, et depuis huit matches désormais, elle n’encaisse plus de but, un record dans l’histoire de la Nazionale. Certes, sur cette période les adversaires n’ont pas été les plus brillants, mais cette série prouve que l’Italie est rodée et prête à entamer l’Euro. Avec une attaque qui manque parfois de réalisme et une défense vieillissante, c’est bien sur l’entrejeu que repose la force collective italienne. Roberto Mancini a du choix en plus de Marco Verratti. Matteo Pessina remplace Stefano Sensi blessé et s’ajoute à une liste composée notamment de Manuel Locatelli, Nicolo Barella ou Jorginho. Lorenzo Pellegrini se dirigerait lui malheureusement vers un forfait de dernière minute. Les possibilités pour remplacer Petit Hibou ne manquent pas. Cependant, le sélectionneur a fait de Verratti une des clés de son dispositif depuis qu’il est à la tête de l’Italie. Sur les dix matches de qualifications à l’Euro, le milieu parisien n’en a manqué que trois. L’Italie a terminé avec un bilan parfait de dix victoires et les performances de Verratti ont été très satisfaisantes.
Positionné dans un 4-3-3 le plus souvent aux côtés de Jorginho et Barella, il permet à son équipe de contrôler l’adversaire grâce à un jeu de possession que l’on a pas l’habitude de voir chez la Nazionale. Si Jorginho a tendance à descendre assez bas afin de ressortir la balle et d’organiser le jeu en partant de la défense, Marco Verratti a lui le rôle de dicter les attaques dans la moitié de terrain adverse. Sa vision du jeu, sa qualité de passe et de dribble dans les petits espaces font de lui un élément crucial du dispositif de Mancini. Les milieux sont constamment en mouvement, tout comme les joueurs de couloirs qui offrent des possibilités sur le côté mais aussi dans l’axe en créant des décalages. Barella est l’étoile montante de cette équipe et sort d’une saison particulièrement réussie avec l’Inter. Sa capacité à se projeter et progresser balle au pied diffère du profil de ses coéquipiers du milieu. Cependant, c’est bien le numéro 6 parisien qui touche le plus la balle dans l’entrejeu, chargé de trouver les solutions grâce à sa vista.

Et lorsqu’il n’est pas là comme cela a été le cas lors des matchs de préparation, ce rôle d’organisateur est confié à Jorginho. Le milieu de Sassuolo Manuel Locatelli est celui qui a le plus de temps de jeu derrière le trio Verratti-Jorginho-Barella et c’est lui qui sera titulaire en attendant le retour du joueur du PSG. Son profil est différent. Il possède un volume de jeu plus conséquent, plus porté vers l’avant tout en étant capable d’effectuer les tâches défensives. La présence de Locatelli ne change rien à la complémentarité du milieu et à l’équilibre de l’équipe. Ses projections apportent des solutions en attaque mais le milieu perd en créativité sans l’apport de Marco Verratti. Face à la Turquie, les qualités de Locatelli et Barella pourraient suffire pour trouver la faille dans une défense parfois désorganisée qui ne brille pas par sa régularité. En revanche, la Suisse et le Pays de Galles sont deux équipes évoluant avec trois centraux et s’appuyant sur une grande solidité défensive. Marco Verratti ferait beaucoup de bien pour permettre à l’Italie de percer le verrou lors de ces deux rencontres. Son absence sera forcément préjudiciable pour les Italiens. Mais le Parisien n’est pas irremplaçable pour autant. Avec une telle profondeur au milieu, l’Italie ne doit pas revoir ses ambitions à la baisse, d’autant plus qu’elle sait s’adapter sans son magicien.