Guinée : Le CNRD adopte un chronogramme de 36 mois de transition

0
143
« Le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), prend acte de la durée de trente-six (36) mois, adoptée par le Conseil national de la transition (CNT), en dépit de l’immensité des tâches impératives au retour à l’ordre constitutionnel », a déclaré, dans un communiqué, le président de la transition guinéenne, le Colonel Mamady Doumbouya. Le chronogramme de 39 mois de transition qu’il avait soumis au CNT a été certes légèrement revu à la baisse mais ne cadre toujours pas avec les attentes de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui avait sommé Conakry de lui présenter un calendrier de transition « acceptable » au plus tard le 25 avril dernier.
 
Cette décision sonne également comme un acte de défiance à l’égard de la communauté internationale. Reçu à Dakar par le président Macky Sall, le 1er mai 2022, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres avait ordonné le retour à l’ordre constitutionnel dans « les plus brefs délais » au Mali, en Guinée et au Burkina Faso. « Nous avons convenu de l’importance de poursuivre le dialogue avec les autorités de facto de ces trois pays afin d’instaurer le retour à l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais », avait-il lancé lors d’un point de presse conjoint avec le président en exercice de l’Union Africaine, Macky Sall.
 
Interdiction de manifester
 
Faisant fi de toutes ces interpellations, le CNRD et son président ont salué « la maturité politique du peuple de Guinée pour sa remarquable participation à l’élaboration de ce chronogramme ». Des remerciements qu’ils adressent également « aux partenaires techniques et financiers de la Guinée ».
 
Pour mener à bien sa mission de transition enclenchée depuis le 5 septembre 2021, le Colonel Doumbouya a décidé d’interdire toutes manifestations de quelque nature que ce soit sur la voie publique. Et ceci, durant toute la durée de la transition. Il a été d’ailleurs demandé aux acteurs politiques et sociaux de « circonscrire aux sièges de leurs formations, toute forme de manifestation ou regroupement à caractère politique ».