INTERPELLATION CITOYENNE AU MAIRE ALIOUNE NDOYE (PAR ABDOU KHADRE GAYE)

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«COMMENT DAKAR-PLATEAU A-T-ELLE PU SE RETROUVER BON DERNIER DU PACASEN ? QU’EN EST-IL DE L’ÉCOLE BIBI NDIAYE ET DU JET D’EAU DE PETERSEN ? POURQUOI DÉMOLIR SANDAGA CONTRE L’AVIS DES EXPERTS ?…»

À mes précédentes interpellations relatives à des actes politiques qu’il a eu à poser durant son magistère1a, Alioune Ndoye et ses partisans répondent par des insultes et des accusations gratuites hors sujets qui n’éclairent en rien la lanterne des citoyens sur sa gestion de la mairie2. Ensuite il organise un point de presse3 spectacle pour noyer le poisson, oubliant, comme on dit, qu’on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Or, aujourd’hui, c’est cette gestion calamiteuse qui doit être éclairée, pas celle de son prédécesseur qui a fait son temps et à qui il aime bien renvoyer pour distraire le monde et cacher ses errances. Car l’heure du bilan a sonné pour lui. Et il a bel et bien posé les actes dénoncés dans mon papier4 sans sourciller, toisant tout Dakar-Plateau, sourd aux appels à la raison des médiateurs. Donc, ne nous laissons pas divertir. Restons dans le vrai débat.
Un bilan social catastrophique du fait d’une ignorance de l’esprit de la décentralisation
En effet, Alioune Ndoye, pendant tout le temps passé à la tête de l’institution municipale, a ignoré l’esprit de la décentralisation, excluant habitants et usagers du Plateau de la gestion des affaires de la cité et les divisant en deux camps : ceux qui sont avec lui et ceux qui sont contre lui (que lui-même appelle dans sa «Réponse à Abdou Khadre Gaye» : « les autres habitants du Plateau »). Il a procédé à des licenciements politiques en cascade avec leur lot de drames sociaux. Il a piétiné, humilié et brimé des citoyens qui ont refusé de se soumettre à son diktat, les privant de leur droit, réduisant au néant ses adjoints et présidents de commission et excluant du conseil municipal qui il veut, excluant du bénéfice des prestations de service public qui il veut.

Aujourd’hui, il se prend pour le roi. Il s’est permis, à sa conférence de presse, de proférer des menaces à peine voilées contre ses adversaires politiques qu’il a osé qualifier de traître. Laissez-moi rigoler ! Il a même osé traiter l’équipe dirigeante actuelle de la ville d’aventuriers et de fossoyeurs, comme si le Plateau ne faisait pas partie de Dakar, comme si les deux entités n’étaient pas au service des mêmes populations… L’homme, en effet, se distingue par son individualisme, son insolence et sa bellicosité. Il a instauré dans la commune un climat d’adversité tel que des agents de la mairie craignent de recevoir à leur bureau des opposants, et que tendre la main à certaines personnes devient un péché, ne pas commenter en mal des postes les concernant signifie qu’on est contre monsieur le maire, hélas, hélas ! Il a semé la division dans Dakar Plateau. Il souffle la haine dans les cœurs

Présentement, comme en confirmation de son titre de « maire bagarreur et porteur de plainte », il est en contentieux au tribunal avec le jeune Demba, habitant à Parc Fourage, pour « soustraction de denier public », au grand étonnement de tout un quartier. Le garçon séjourne à la prison de Reubeus. Et il n’est pas le premier qu’il y fait séjourner… Et pourtant notre commune dispose dans ses pénc et quartiers d’outils traditionnels de règlement des conflits dont il pouvait user, mais qu’il ignore et contribue même à démanteler comme il le fait avec le bâtiment du marché Sandaga. Car il ne sait pas ce que patrimoine veut dire. Et, malheureusement pour lui, sa « Réponse à Abdou Khadre », révélateur de son défaut d’acquis culturel, est une validation de son très mauvais bilan social à la mairie. Mais son bilan moral est encore pire. Permettez-moi de ne pas en parler.

J’invite Alioune Ndoye à faire preuve de courage et à ne pas fuir le vrai débat

Concernant les abus qu’il est en train de commettre en cette période de révision des listes électorales, privant des centaines, voire des milliers de citoyens de leur droit, il tente maladroitement de se disculper, en accusant ses adversaires de convoyage d’électeurs et de vol, comme dans un monde à l’envers. Mais il est clair qu’il s’agit d’une tentative de détournement de la volonté des populations à l’occasion des prochaines électorales locales. Car nous connaissons l’homme. Pour lui, la mairie est un simple ascenseur politique. Et la politique, pour lui, signifie roublardise. Et au moment où il prive des habitants du Plateau suspectés d’opposition à sa réélection de la jouissance de leurs pièces d’état civil, il utilise l’appât des services de la mairie pour s’acheter des électeurs venus d’ailleurs. Et cela avec la complicité de certains délégués de quartier.

Sur cette question précisément, les « Forces du Plateau » ont saisi les autorités compétentes. Elles saluent les rectificatifs apportés et leur demande d’aller plus loin, car les populations peinent toujours à se faire délivrer les certificats de résidence et de domicile, et à se faire inscrire. Pour le reste, qu’il se calme et rende compte : c’est le minimum qu’on attend de lui avant son départ prochain et inévitable.

J’invite donc Alioune Ndoye à faire preuve de courage et à ne pas fuir le vrai débat sur sa gestion solitaire, exclusive et partisane de la mairie à nulle autre pareille. Toutefois, en attendant qu’il se ressaisisse et réponde sereinement aux questions à lui adressées, je sollicite de sa part un autre éclairage concernant le mauvais classement de la collectivité territoriale à la dernière évaluation du PACASEN ainsi que sur la reconstruction de l’école Bibi Ndiaye que personne ne comprend dans tout le Plateau, pas même les membres du conseil municipal…

La mairie du Plateau sifflée hors-jeu et mise sur la touche du PACASEN

En effet, le rapport définitif de synthèse de l’évaluation de performance des collectivités territoriales 2021 effectué par la Chambre des Collectivités territoriales de la Cour des Comptes, en sa séance du 31 mai 2021, fait ressortir que, sur les 122 communes participantes, bénéficiaires du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN), la commune de Dakar Plateau fait partie des 12 collectivités territoriales en queue de peloton, car n’étant pas en conformité avec au moins 1 des 8 Conditions Minimales Obligatoires (CMO).

Or, la non-atteinte d’une de ces CMO entraîne la perte définitive de la subvention qui s’élève cette année à plus de 20 milliards, contre 17, 8 milliards en 2020. Donc la commune de Dakar Plateau est hors-jeu au même titre que 11 autres communes.

Et le champion autoproclamé de la qualité d’être classé parmi les derniers

À Fatick, les performances de la commune, classée première sur les 19 communes concernées par les IDP5 (Indicateurs De Performance), avec une note de 68 points, devant Mbour (64), Louga (60), Kolda (59), ont été bien accueillies par les populations qui ont exprimé leur fierté à l’endroit de leur premier magistrat, Matar Ba, ministre des sports.

À Mermoz Sacré Cœur le conseil municipal s’est réjoui des résultats. Barthelemy Dias passe haut la main. On s’est aussi réjoui à Yoff, Ngor, Ouakam et Hann Bel Air. Et ce fut un réconfort pour Ablaye Diouf Sarr, maire de Yoff, ministre de la santé, en pleine crise Covid, ainsi que pour Babacar Mbengue, maire de Hann, et tous les autres.

À Dakar Plateau, par contre, une des communes les plus balèzes du pays, le premier magistrat enfile le bonnet d’âne et cache les résultats aux populations comme on cacherait une naissance honteuse se gargarisant d’une hypothétique certification qualité pour se donner bonne conscience et s’octroyer le droit de cracher sur tout ce qui bouge et salir tout ce qui est propre.

Ces questions auxquelles le maire de Dakar Plateau ne saurait se soustraire

J’interpelle le maire Alioune Ndoye :

– Pourquoi ce mauvais résultat de la mairie du Plateau ?
– Au-delà du symbole plus que négatif de ce classement, quel est le coup financier de la perte du PACASEN ?
– Quels sont les autres programmes dont bénéficie la mairie et où est ce qu’elle en est ?

Rappelons que le Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN) est un programme du Gouvernement du Sénégal d’une durée de 5 ans (2018-2023). Il vise à soutenir la mise en œuvre de l’Acte III de la Décentralisation, en participant au développement des capacités de gouvernance et de financement des collectivités territoriale ainsi qu’à la promotion de la participation citoyenne. D’un montant de 260 millions de dollars US, soit plus de 130 milliards de francs CFA, il est cofinancé par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD) et l’Etat du Sénégal.

Prévu pour 18 mois, le chantier de Bibi Ndiaye a finalement duré 10 bonnes années

En ce qui concerne le chantier de l’école Bibi Ndiaye tant décrié à l’époque et aujourd’hui encore pour non-respect des normes sécuritaires et bouleversement de la cartographie scolaire du Plateau, je demande :

– Qu’en est-il véritablement de Bibi Ndiaye ?
– Pourquoi le chantier a duré aussi longtemps (10 ans au lieu de 18 mois) ?
– Pourquoi l’établissement scolaire reste fermé depuis son inauguration en mars 2020 ? Qu’est-ce qui bloque ?

– Quel est le coût initial du projet et le coût final après autant d’années d’enlisement du chantier ?
Les populations doivent-être édifiées sur toutes ces questions. Car, aujourd’hui, la mairie du Plateau a perdu le PACASEN pour mauvaise gouvernance. Et le chantier de Bibi Ndiaye prévu pour durer quelque mois seulement a duré une décennie, et l’établissement scolaire n’est toujours pas fonctionnel. Et perdure la ventilation à titre provisoire des écoliers dans d’autres établissements situés très loin de leur lieu d’habitation.

Rond-point Cabral : Quand le «jet d’eau de la bêtise» suscite la curiosité

Il n y a pas que Bibi Ndiaye qui suscite la curiosité et les inquiétudes des habitants du Plateau et nécessite des clarifications de la part de monsieur le maire. Car le bonhomme, je ne sais pourquoi, semble habitué aux chantiers trop longs, trop couteux et à la pertinence discutable. Permettez-moi donc de citer le cas du fameux jet d’eau de la place Cabral situé en plein marché Petersen et que d’aucuns, qui trouvent son emplacement quelque peu bizarre, appellent, à juste titre : « le jet d’eau de la bêtise ». Les travaux, achevés depuis très longtemps, ont couté, semble-t-il, 150 millions. Hélas, le jet d’eau n’a jamais fonctionné. Et aujourd’hui, l’espace est devenu, comme on pouvait s’y attendre, un étalage de marchandise tout comme les rues et avenues environnantes, à la grande désolation des populations.

Plus de 700 millions pour réfectionner un bâtiment qui reste fermé

On pourrait citer le cas de la bâtisse de Service d’hygiène, réfectionnée, dit le maire, à plus de 700 millions et restée fermée plusieurs année déjà au moment où la commune ne dispose plus d’espace jeune depuis que la casse d’Assane Diouf a emporté le centre socio culturel qui se trouvait dans l’enceinte du stade.

Je demande au maire :

– À quand la mise en marche du jet d’eau de Petersen ?
– Que compte-t-il faire du bâtiment de Service d’hygiène ? Quand ?
– A-t-il mesuré la perte financière et sociale que représente la fermeture de l’édifice pendant tout ce temps ?
– Combien ont réellement couté les projets ?

Trois interrogations concernant Sandaga, la vieille Soudanaise

– Pourquoi démolir le bâtiment classé patrimoine (code arrêté 2006DAKARPIKINE112) pour le reconstruire à l’identique et pas seulement le restaurer, comme suggérés par les techniciens, surtout que cette dernière formule est beaucoup moins couteuse ?
– Pourquoi mettre 7 milliards de Dakar Plateau dans le projet au moment où l’Etat et la ville de Dakar sont prêts à participer au financement ?
– Est-ce que les préoccupations des acteurs (le respect strict des délais et leur implication dans le processus) et celles des populations (la fonctionnalité de l’infrastructure et le désencombrement des rues) seront prises en compte ?

Vous l’avez remarqué, l’homme sait ouvrir des chantiers, mais les finit difficilement et peine à les livrer. C’est comme s’il n’était intéressé, je ne sais pas pourquoi, que par le volume de la dépense et la communication sur le chantier et non la satisfaction des populations. Et pendant qu’il livre bataille pour reconstruire seul Sandaga au coût le plus élevé, les populations manquent de tout à Reubeuss, Niaye Thioker, Kaye Findiw, etc. Pendant qu’il dépense dans des jets d’eau non fonctionnel, la déperdition scolaire, le chômage, la drogue et le banditisme font des ravages dans nos quartiers et des familles entières, non loin du palais présidentiel, ne disposent pas d’eau courante ni de latrine. Beaucoup ne demandent qu’à être branchés à l’égout. Ce qui ne coute presque rien comparé aux chiffres qu’il exhibe. C’est vraiment triste et déplorable.

Mais, en fait – et ces dernières questions s’adressent à tous :

– Pourquoi Alioune Ndoye met-il tant de zèle dans la « défense » de Sandaga que l’autorité centrale était prête à réhabiliter et non dans celle du stade Assane Diouf et de l’Anse Bernard que cette même autorité veut vendre (si elle ne les a pas déjà vendus) à des lobbies étrangers au détriment des populations ?
– Pourquoi attendre la veille des élections locales pour soulever toute cette clameur autour du vieux marché ?
AKG, août 2021
1/ Voir ma contribution : « Dakar Plateau : Pourquoi le maire Alioune Ndoye doit partir ? »
2/Voir sa réponse intitulée : « Réponse aux mensonges éhontés de Abdou Khadre Gaye, candidat à la mairie de Dakar Plateau ». Elle est la synthèse de toutes les autres réponses truffées de grossièretés de ses partisans dans les journaux et dans Facebook.

3/ A la date du 16 août 2021
4/ Il s’agit de ma contribution précitée
5/ Il s’agit des 5 Villes, des 12 capitales régionales et des communes de Touba et de Mbour