Les forces des pays de la CEDEAO sous haute surveillance au Mali

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Les autorités maliennes ont bien décortiqué l’intention qui se cache derrière la prétendue activation de la force de la Cédéao, comme précisé dans le communiqué annonçant les sanctions prises par la conférence des chefs de d´Etat de cette organisation régionale.

C’est aisé de comprendre que par son expérience, Alassane Ouattara pense user du scénario mis en place par les autorités françaises à son profit contre le président Gbagbo, pour déloger le colonel Assimi Goïta du pouvoir. A l’époque, on le sait, les troupes françaises avaient bombardé la résidence du président Gbagbo, et fait intervenir leurs chars et des commandos pour l’arrêter avant d’installer au pouvoir leur homme Alassane Dramane Ouattara !

Il s’agira donc de faire croire à une intervention de la force de la Cédéao, alors qu’en réalité le jeu se fera avec les détachements militaires des pays membres de la Cédéao actuellement positionnées au Mali au sein des casques bleus de la Minusma.
Lesquelles agiraient comme une cinquième colonne au profit de la France. Cela rappelle bien ce qui s’était passé avec une certaine Opération Licorne, censée s’interposer entre les belligérants en Côte d’Ivoire, mais qui s’est fondue dans les rangs de l’armée ivoirienne pour aller à l’assaut du bunker de Laurent Gbagbo.

Les autorités maliennes, qui se méfiaient déjà des forces onusiennes comme du lait sur le feu, ont pris la décision, à partir de la Primature, de mettre en place un comité national stratégique chargé de veiller sur les activités de la Minusma au Mali. Une façon de surveiller lesdites forces qui ne pourront donc que s’en tenir à leurs missions déclarées car au moindre écart elles seront déclarées non grata comme d’ailleurs l’ont été les ambassadeurs des pays membres de la Cédéao priés de quitter le sol malien. Ce, en riposte aux décisions des chefs d’Etat de la Cédéao, suivies du rappel des ambassadeurs des pays-membres.

Que les chefs d’Etat de la Cédéao déchantent, le Mali assumera pleinement sa souveraineté dans le choix de ses partenaires et l’organisation de sa vie politique et institutionnelle, comme la rappelé le président Assimi Goïta dans son adresse à la Nation suite aux sanctions prises par la Cédéao. Mais il a tenu quand même à rappeler que le Mali reste ouvert au dialogue et à la concertation et que les partenaires doivent faire preuve de plus de compréhension parce que la situation du Mali est exceptionnelle.

Dès lors, les portes du dialogue restant largement ouvertes, la Cédéao et le Mali ont intérêt à se remettre à la table des négociations pendant qu’il est encore temps parce que les populations vigilantes, l’exigent.