Ndeye Fatou Blondin Diop : Recadre Antoine Félix Diome

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Antoine Félix Diome a raté son discours suite aux manifestations constatées un peu partout au Sénégal à cause de l’arrestation de Ousmane Sonko, accusé de viols répétitifs et menaces de mort. C’est du moins l’avis de Ndèye Fatou Ndiaye Blondin Diop qui regrette que le ministre de l’Intérieur qualifie d’actes de terrorisme les manifestations qui, il faut le souligner, ont été émaillées par des pertes en vies humaines et des pillages de magasins. « Les mots ont leur sens dans leur contexte. Est-ce que ce qu’on vit au Sénégal est du terrorisme ? Dans ce contexte, il faut un discours responsable et les mots doivent être dans le sens de l’apaisement », a relevé la responsable politique de Mbour, invitée devant le Jury du dimanche.

« On vit dans une ambiance de fumisterie généralisée »

A son avis, il faut que les jeunes apprennent en exprimant leurs besoins sur des pancartes. C’est plus fort que de casser. Mais, elle semble comprendre la réaction des jeunes qui ont longtemps accumulé des frustrations. Selon elle, les jeunes ont longtemps subi des agressions sans que le président ne sorte pour leur parler. « Le phénomène de l’émigration clandestine a tué des centaines de jeunes, le président de la République n’est jamais sorti. Quand on a 600 morts dans son pays, on doit sortir. Cette jeunesse a besoin de savoir qu’elle est entendue », souligne-t-elle. Elle poursuit : « on a l’habitude, au Sénégal, de parler des feuilles et de laisser les troncs surtout de ne pas voir la racine. On vit dans une ambiance de fumisterie généralisée. Tout le monde dit qu’on doit parler aux jeunes mais, quand il y a un conflit entre un fort et un faible, on parle au fort. On appelle à la résistance parce que, nous, on en est aujourd’hui à avoir peur de téléphoner, à voir nos communications dégradées. On a éliminé d’ autres forces intermédiaires. C’est cela le problème. Quand il n’y a que le peuple et le président, ça fait comme un râteau. Les jeunes n’écoutent personne ».

« Un Etat ne recrute pas des nervis pour accompagner la police »

Pour Fatou Ndiaye Blondin Diop, si on est une démocratie, il faut qu’il y ait une opposition. Mais quand le président promet de réduire cette opposition à sa plus simple expression, c’est la chienlit qui reste. « Il faut ramener les lettres de noblesse d’un Etat. Un Etat ne recrute pas des nervis pour accompagner la police et aller mater des manifestants. C’est indigne. Un Etat ne brise pas son opposition pour la faire disparaître. Un Etat ne se donne pas pour ambition de dire qu’il n’y a que sa voix qui compte et que les autres ne comptent pas », déplore-t-elle.