Nord du Burkina: au moins douze personnes tuées dans une nouvelle attaque

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Au moins douze personnes, en grande partie des supplétifs civils de l’armée, ont été tuées mercredi lors d’une nouvelle attaque de jihadistes présumés dans le nord du Burkina Faso, ont indiqué jeudi des sources locales à l’AFP.
 
Mercredi soir, « des individus armés ont mené une attaque contre les populations de Boala », dans la région du Centre-Nord, « tuant au moins douze personnes », a indiqué à l’AFP un habitant en précisant que les victimes sont « presque toutes des Volontaires pour la défense de la patrie » (VDP), des supplétifs de l’armée.
« Il y a au moins dix volontaires qui ont été tués et plusieurs blessés qui ont été évacués au centre médical de Boulsa », le chef-lieu de la province du Namentenga située dans cette région, a indiqué un autre habitant, s’exprimant également sous le couvert de l’anonymat.
 
Un responsable régional des VDP, sous le couvert de l’anonymat, a confirmé l’attaque, précisant que « plusieurs terroristes ont été neutralisés par les volontaires après plus de deux heures de combats ».
 
Cette nouvelle attaque est la quatrième connue depuis dimanche au Burkina: elles ont fait au total au moins 27 morts.
 
Lundi et mardi dans cette même région, au moins neuf civils sont morts lors de l’attaque d’un village et d’un convoi de commerçants.
Dimanche ce sont six civils, dont quatre enseignants, qui avaient été tués lors d’une attaque de jihadistes présumés à Bittou, ville du Burkina Faso proche des frontières du Ghana et du Togo.
 
Le 26 novembre, quatre soldats avaient également été tués dans l’explosion d’un engin artisanal dans le nord, et trois civils abattus lors d’une autre attaque dans le nord-est.
 
Depuis 2015, le Burkina Faso est régulièrement endeuillé par des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes ayant fait des milliers de morts et contraint quelque deux millions de personnes à fuir leurs foyers.
 
Ces attaques de groupes liés à l’Etat islamique et à Al-Qaïda visant militaires et civils se sont multipliées ces derniers mois, essentiellement dans le nord et l’est du pays.
 
Investi le 21 octobre président de la transition par le Conseil constitutionnel, le capitaine Ibrahim Traoré, auteur d’un coup d’Etat militaire le 30 septembre – le deuxième en huit mois – s’est donné pour objectif « la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes ».
 
Les jihadistes occupent environ 40% du territoire burkinabè.
 
A l’issue d’une campagne de recrutement, 90.000 civils se sont inscrits pour rejoindre les Volontaires de la défense de la patrie (VDP, supplétifs civils de l’armée), appelés à seconder l’armée dans sa lutte contre les jihadistes.