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Pourquoi le vaccin contre le Covid-19 est révolutionnaire

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Pfizer/BioNTech, Moderna, AstraZeneca, Sinovac… Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, les laboratoires ont mené des recherches à une vitesse inédite, aboutissant à la création de vaccins d’un genre totalement nouveau.

an seulement après l’apparition du Covid-19, la vaccination contre cette nouvelle maladie est un objectif qui semble désormais atteignable. Les nombreux laboratoires qui se sont lancés dans la mise au point de candidats vaccins ont misé sur des méthodes différentes : certaines sont déjà connues et éprouvées, d’autres novatrices et inédites.

Celles des laboratoires Pfizer et Moderna sont à ce jour les plus avancées. Mercredi 2 décembre, le Royaume-Uni a ainsi annoncé avoir autorisé l’usage du vaccin Pfizer/BioNtech. Une étape historique dans la lutte contre le Covid-19, ce vaccin étant le tout premier en « son genre ».

« Un vaccin d’un type unique »

Tous les vaccins anti-Covid ont le même but : entraîner notre système immunitaire à reconnaître le coronavirus et lui « apprendre » à développer ses défenses de façon préventive, pour lui permettre par la suite de neutraliser le vrai virus s’il venait à nous infecter.

Mais alors que les vaccins « conventionnels » peuvent être fabriqués à partir de virus inactivés (polio, grippe), atténués (rougeole, fièvre jaune), ou bien encore à partir de protéines appelées antigènes (hépatite B), qui déclenchent une réponse immunitaire sans virus, celui contre le Covid-19 du laboratoire Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, ou celui de Moderna, relèvent d’un autre mécanisme.

 

Un scientifique réalise des tests dans le cadre de la recherche d’un vaccin anti-Covid, à Pékin, en avril 2020. (Photo : Nicolas Asfouri / AFP)

 

En quoi consiste-t-il ? On injecte dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelés « ARN messager ». Il s’agit d’une molécule « matrice » qui dit à nos cellules ce qu’il faut fabriquer.

Concrètement, cela signifie que des instructions génétiques sont directement injectées dans les cellules humaines, qu’elles « reprogramment » ensuite afin de leur permettre de fabriquer elles-mêmes un antigène du coronavirus. Un dispositif qui permet in fine à l’organisme de déclencher une réponse adaptée du système immunitaire si cela était nécessaire.

Cette technique est inédite dans le domaine de la vaccination. On a donc vraiment affaire à « un vaccin d’un type unique », selon les mots d’Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière, sur le plateau de LCI , le 25 novembre dernier.

« C’est un vaccin révolutionnaire : il n’y a aucun vaccin de ce type existant à l’heure actuelle, nulle part dans le monde. C’est un nouveau type de vaccin », a-t-il ajouté.

L’innovation de l’ARN messager

Jusqu’ici, jamais un vaccin à ARN messager n’avait été commercialisé pour un usage en médecine humaine. Comme le rappelle l’Agence France Presse, dans le cadre de ce vaccin, l’ARN messager est fabriqué en laboratoire, avec pour objectif de lui permettre de s’insérer et « pirater » la cellule, véritable mini-usine de protéines.

Une technique qui permet ensuite à cette machinerie de faire fabriquer des protéines ou « antigènes » spécifiques du coronavirus : les « spicules », ou « spikes ». Ces pointes si reconnaissables ornent la surface du virus et lui permettent de s’attacher aux cellules humaines pour ensuite les infecter.

 

Colorées ici en rouge, à la surface du coronavirus, les fameuses « spikes » ou spicules, ces pointes caractéristiques du SARS-CoV-2. (Illustration : Reuters)

 

Ces protéines, inoffensives en elles-mêmes, sont ensuite libérées par nos cellules et livrées au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps. Ces anticorps vont rester, « montant la garde » pendant une longue durée (du moins c’est ce qu’espèrent les scientifiques), capables de reconnaître et de neutraliser le coronavirus s’il venait à nous infecter.

Rappelons qu’à aucun moment, le virus SARS-CoV-2, même inactivé, n’est injecté.

Nouvelle technologie = danger ?

Comme le rappelle Bruno Pitard, spécialiste des vaccins à ARN et ADN, au micro de FranceInfo , l’ARN ne peut pas s’intégrer dans notre génome ni donc modifier notre ADN. « On n’a jamais vu les molécules d’ARN messager aller dans le noyau de la cellule. Et si jamais cela arrivait, il n’y a pas de mécanisme d’appariement entre l’ARN messager et l’ADN qui sont deux molécules chimiques très différentes », explique-t-il.

De son côté, la Haute autorité de Santé rappelle également dans son rapport du 1er décembre que « si les vaccins ARN sont sans doute les moins avancés en termes d’ancienneté de développement », ils ont tout même « l’avantage d’un profil de sécurité optimale ». En outre, « le risque de voir leur matériel génétique incorporé au génome de l’hôte est écarté ».

Faut-il alors craindre cette « nouvelle technologie » ? « S’il est vrai qu’il y a moins de recul sur cette technologie, les experts assurent que cela ne signifie pas, pour autant, parce que c’est nouveau, que c’est mal toléré, rapporte Europe 1 Il y a cinq ans, les vaccins contre Ebola ont été conçus très rapidement, avec des vecteurs viraux, une autre technique. Mais l’efficacité a bien été au rendez-vous et il n’y a pas eu de problèmes. »

 

Un patient reçoit une injection vaccinale. (Photo : BioNTech SE 2020 / via Reuters)

 

Un stockage « ultra-froid »

Autre grande nouveauté de ces vaccins : le stockage ultra-froid qu’ils nécessitent, du fait notamment de la fragilité de l’ARN qu’ils contiennent. Car si les vaccins traditionnels se conservent bien au réfrigérateur, celui mis au point par le laboratoire américain Pfizer nécessite d’être stocké dans de « super-congélateurs » à une température très basse avoisinant… les -70 °C.

Quant à celui de Moderna, le laboratoire a annoncé dans un communiqué qu’il devra lui aussi être conservé à des températures très basses, à moins -20 °C cette fois-ci, ce qui le rend plus facilement « distribuable » que le vaccin de Pfizer. Pour autant, le maintien de la chaîne du froid de l’usine jusqu’aux pharmacies sera toujours nécessaire pour garantir sa stabilité.

Un stockage inédit donc, mais qui n’est pas sans poser de problèmes comme le rappelait le 19 novembre Didier Sicard, ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin, professeur émérite à l’Université de Paris et ancien président du Comité consultatif national d’éthique, dans une interview accordée à l’édition du soir.

« Si les vaccins qui vont être distribués doivent être gardés à une température de -70 °C, vous comprenez bien qu’on ne pourra pas vacciner des millions de personnes, s’il faut cette température de conservation, soulignait-il. Vous imaginez la foule sur 20 km de queue dans un hôpital ? Ça n’a pas de sens… »

Selon lui, « il va donc falloir attendre des vaccins qui soient plus simples d’utilisation, qui soient conservables dans un réfrigérateur, et que n’importe quel médecin puisse garder ».

De nouveaux problèmes de logistique

Ainsi, face à cette situation sans précédent et encore dans le flou sur la stratégie vaccinale de la France, Froilabo, l’unique fournisseur national de congélateurs capables de stocker les nouveaux vaccins contre le Covid-19, met désormais les bouchées doubles pour répondre à l’envolée prévisible de la demande.

Mais encore une fois, un problème se pose : les médecins et pharmaciens pourront-ils se fournir en « super-congélateurs » ? Comme le rappelle Tony Grandmenil, directeur administratif et financier de Froilabo, un congélateur de 700 litres coûte environ 12 000 €… pour une capacité de près de 40 600 flacons de vaccins « de type Pfizer ». Ce qui représente, à raison de cinq doses par flacon, environ 203 000 doses.

« Ce ne sera pas le pharmacien du coin qui pourra l’acheter », souligne Tony Grandmenil. Preuve s’il en fallait encore, que ce vaccin révolutionne chaque échelon de sa chaîne de fabrication et de distribution.

1. À partir du 15 décembre, vous pourrez reprendre l’avion et le train pour voyager

Le 15 décembre, le confinement prendra fin en France et il sera possible de se déplacer sans limites, ou presque. S’il est possible de voyager pour les fêtes, toutes les destinations ne sont pas forcément accessibles, et parmi les pays qui accueillent les touristes français, l’accès se fait souvent sous conditions : découvrez la carte des pays où vous pourrez vous rendre à Noël.

2. Coronavirus : le « grand public » vacciné au printemps

Emmanuel Macron l’a annoncé : il souhaite une première campagne de vaccination contre le coronavirus qui pourra débuter dès homologation des candidats vaccins, soit « vraisemblablement entre fin décembre et début janvier ». Et l’Élysée confirme qu’on aura vraisemblablement une deuxième vague de vaccination, qui s’ouvrira entre avril et juin qui, elle, sera plus large et plus grand public, pour aller vers une stratégie de vaccination du plus grand nombre. Le président de la République a également réaffirmé que le vaccin ne serait pas obligatoire, mais il espère susciter l’adhésion des Français grâce à « une stratégie de conviction et de transparence » des autorités. La Haute autorité de santé (HAS) a préconisé une campagne de vaccination en plusieurs phases, avec une priorité pour les personnes les plus à risque de forme grave et les plus exposées au virus.

3. Des tests massifs envisagés dans trois métropoles de France

Les autorités sanitaires envisagent de procéder dès décembre à des campagnes de tests massifs du Covid-19 dans les métropoles de trois régions de France, a annoncé, ce mercredi le Premier ministre, Jean Castex. Il s’agira de « tester massivement dans des aires urbaines assez denses » et « sur la base bien entendu du volontariat », a-t-il annoncé sur RMC/BFMTV.

À la question de savoir si ces campagnes interviendraient après les fêtes de fin d’année, le Premier ministre a répondu : « Peut-être même avant, nous y travaillons. On a prévu d’en faire trois, […] peut-être dans le Nord, peut-être en Normandie, peut-être en région Auvergne-Rhône-Alpes », a-t-il ajouté sans identifier les villes ciblées. Mais il a confirmé qu’il s’agirait de métropoles : « Ça, c’est du bon sens, il faut qu’il y ait pas mal de population et surtout une densité. »

Certains pays ont déjà engagé des campagnes de tests massifs. L’Autriche, par exemple, va mener une campagne de dépistage volontaire avant les fêtes de fin d’année. L’Italie en a lancé une fin novembre dans le Sud-Tyrol, à la frontière avec l’Autriche.

4. Les jeunes qui jouent aux jeux vidéo seraient en meilleure santé qu’on ne l’imagine

 

Les joueurs de jeux vidéo seraient en meilleure santé que ce que beaucoup imaginent. (Photo d’illustration : archives Ouest-France)

 

Des canettes de bière ou de soda sur le bureau et des chips sur le canapé… Oubliez ce cliché qu’on colle facilement aux fans de jeux vidéo. Les « geeks » seraient même très loin de ce stéréotype, selon une étude australienne parue dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health et repérée par Science Daily , qui affirme que les joueurs d’e-sports ont un mode de vie bien plus sain que la moyenne.

À partir des données de 1 772 personnes, issues de 65 pays, les scientifiques ont pu déterminer que les joueurs présentent entre 9 et 21 % de chances supplémentaires d’avoir un poids « normal ». Les taux de fumeurs (8 %) et de consommateurs d’alcool (34,9 %) sont « relativement faibles », selon l’étude. Concernant l’alcool, seuls 0,5 % des sondés déclarent boire quotidiennement. Et pour la cigarette, seulement 3,7 % fument quotidiennement.

« Cette étude confirme en partie la prédiction selon laquelle les joueurs d’e-sports de haut niveau sont plus actifs physiquement, observent les chercheurs. Les 10 % de joueurs les plus haut classés sont nettement plus actifs physiquement que les autres. »

5. L’Angleterre se déconfine avant des vaccinations la semaine prochaine

L’Angleterre est sortie ce mercredi d’un confinement de quatre semaines et retourne à des restrictions régionales que le Premier ministre Boris Johnson espère lever grâce à la vaccination qui débutera la semaine prochaine.

Cette sortie de confinement coïncide avec l’annonce par le gouvernement de l’autorisation du vaccin contre le Covid-19 de l’Allemand BioNTech et de l’Américain Pfizer, le premier approuvé par un pays occidental, insufflant de l’espoir à une population lassée des restrictions.

C’est une nouvelle « fantastique », a salué le Premier ministre Boris Johnson. « C’est la protection des vaccins qui nous permettra à terme de reprendre nos vies et de redémarrer l’économie », a-t-il souligné dans un tweet.

Le Royaume-Uni a commandé au total 40 millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech pour 2020 et 2021, ce qui permettra de vacciner 20 millions de personnes (un peu moins du tiers de la population), deux doses étant nécessaires.

Environ 10 millions de doses de ce vaccin, qui doit être conservé à très basse température, devraient être disponibles dans les prochains jours et semaines. Elles seront destinées aux publics prioritaires comme les personnes les plus âgées et vulnérables et les soignants. Avec ce feu vert, « le Royaume-Uni est le premier pays au monde à disposer d’un vaccin approuvé cliniquement », a souligné dans un tweet le ministre britannique de la Santé Matt Hancock.