Quand la ministre de l’Environnement du Congo-Brazzaville claque la porte de la COP27

0
160

La 27e Conférence des Parties (COP) entame sa deuxième semaine à Charm el-Cheikh (Égypte). Cette 5e COP « africaine » se tient dans un contexte international peu propice pour progresser sur le chemin de la lutte contre le réchauffement climatique, qui fait sentir ses effets de plus en plus fréquemment partout dans le monde. « Un jour à la COP » livre un condensé de ce qui s’est dit et noué durant la journée de négociations, et part à la rencontre de quelques-uns de ses acteurs. La thématique du jour était consacrée au genre et à l’eau.

C’EST DIT !

« On va être très vigilant, nous Union européenne avec beaucoup de pays alliés, à ce qu’on reste sur une trajectoire qui nous permet de limiter l’augmentation de la température à 1,5°C. Pourquoi ? Parce qu’on voit à +1,2°C actuellement ce que représente le dérèglement climatique. Et un monde à +1,5°C est très, très différent d’un monde à + 2°C »,

a expliqué Stéphane Crouzat, lors d’un point presse. Des pays, Chine et Arabie saoudite en tête, ont confié dès la semaine dernière vouloir remettre en cause l’objectif d’1,5°C de l’Accord de Paris, au prétexte qu’il serait déjà trop tard.

À LA COP AUJOURD’HUI

♦ Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping se sont rencontrés avant le sommet du G20 à Bali. Dans la foulée de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan, la Chine avait  gelé les discussions sur le volet climatique et environnemental avec les États-Unis. Li Shuo de Greenpeace Chine espère une reprise du dialogue : « Est-ce que le dialogue va reprendre ou non à l’occasion de la COP ? Je pense que c’est une question cruciale si on veut avancer à l’avenir sur le climat. Parce qu’il est évident qu’on ne pourra pas faire face aux défis que posent le changement climatique si les deux plus gros pays émetteurs de gaz à effet de serre ne se parlent même pas. Donc les deux présidents vont se rencontrer pour la première fois à Bali, et on sait qu’ils vont parler climat. On espère vraiment que les deux dirigeants vont arriver à un accord, au moins pour reprendre le dialogue sur cette question. Si c’est le cas, je pense qu’on en verra les retombées positives ici à la COP. Et ça nous mettra dans des conditions politiques plus propices pour les prochaines années pour que la communauté internationale réponde à l’urgence climatique. ».

♦ Certains pays, à commencer par la Chine et l’Arabie saoudite, demandent à revenir sur les engagements déjà pris, notamment celui de viser une limitation du changement climatique à +1,5 degré d’ici la fin du siècle, objectif phare de l’accord de Paris, car il serait déjà trop tard. Pour Stéphane Crouzat, chef des négociateurs de la délégation française, c’est une idée dangereuse : « On va être très vigilant, nous, Union européenne avec beaucoup de pays alliés, à ce qu’on reste sur une trajectoire qui nous permet de limiter l’augmentation de la température à 1,5°C. Pourquoi ? Parce qu’on voit à +1,2°C actuellement ce que représente le dérèglement climatique. Et un monde à +1,5°C est très, très différent d’un monde à +2°C. ».

♦ La ministre de l’Environnement du Congo-Brazzaville, Arlette Soudan Nonault, claque la porte de la COP. Elle juge que les discours des chefs d’État n’ont mené à rien et que les vertus de poumon de la planète du bassin du Congo, n’ont pas été reconnues à leur juste valeur.

[…] Que nous ayons l’honnêteté de nous laisser aller clairement vers le marché du carbone souverain. Est-ce que vous savez que tout à l’heure dans le cadre de l’atténuation, la problématique du Bassin du Congo n’a même pas été évoquée, et celle de l’Afrique n’a pas été évoquée du tout. Donc je crains qu’on ne veuille nous étouffer. Il faut nous citer reconnaître que nous sommes le régulateur. Ils ne le disent pas, parce que reconnaître que c’est un bon élève de l’atténuation parce que derrière, il y a les services éco-systémiques nous réclamons, qui nous sont dus.

Une preuve de vie d’Alaa Abdel Fattah, célèbre militant politique détenu en Égypte. La société civile et la sœur du militant ont lancé une grande campagne médiatique pour alerter sur son sort. Alaa Abdel Fattah est en grève de la faim depuis le mois d’avril et il avait récemment arrêter également de s’hydrater. Des détails avec Nicolas Haeringer, de l’ONG 350.org.

LES COULISSES EN IMAGE.

Tehani Ariyaratne (à droite), du collectif Fearless, et l'une des artistes à l'origine de la fa fresque murale du mur du pavillon de la jeunesse de la COP27.
Tehani Ariyaratne (à droite), du collectif Fearless, et l’une des artistes à l’origine de la fa fresque murale du mur du pavillon de la jeunesse de la COP27

La fresque multicolore s’étend sur plus de trois mètres, sur le mur du pavillon de la jeunesse et elle n’est pas terminée. « J’étais déjà passée devant et je trouvais le mur bien vide. Je peins souvent chez moi. Alors quand ils ont commencé à le peindre, j’ai demandé à participer, après mon service », sourit, pinceau et palette à la main, Bassant Badr. Cette Égyptienne de 29 ans fait partie de l’armada de jeunes volontaires pour aider à l’organisation. À l’origine de l’œuvre, le Fearless Collective, un groupement d’artistes féministes qui réalise des peintures murales partout dans le monde pour mettre en lumière les populations opprimées.

Passé, présent, futur, et trois jeunes femmes à chaque étape de cette symbolique. Autour d’elles évoluent les éléments de la nature : la lune, les étoiles, l’océan, les animaux, « les plantes et la terre qui sont nos racines ». Encadré par les visages de la Brésilienne Puyr (à gauche) et de la Pakistanaise Aïsha Siddiqa (à droite), l’Ougandaise Vanessa Nakate, souvent appelée « la Greta africaine », dévisage le visiteur et tient le présent entre ses mains : la « déclaration de l’empire de la Terre 2022 ». Son contenu est encore en construction. Un peu à l’image de cette COP, dont les premiers brouillons commencent à sortir.

ILS FONT LA COP. 

Une paille contre les inondations et la sécheresse : rencontre avec Trupti Jain, co-inventrice du Bhungroo

Cette femme de 52 ans et son complice Biplabketan Paul sont à l’origine de cet outil redoutable d’efficacité pour lutter à la fois contre la sécheresse et l’inondation des cultures agricoles. Grâce à elle, 125 000 personnes ont accès à l’eau de pluie en permanence. Et le Bhungroo est avant tout une affaire de femmes, qui sont les seules à être formées pour l’utiliser. Comment fonctionne-t-il ? À découvrir ici, en vidéo.