Rome, ville réouverte, lance l’Euro 2021

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L’Euro 2021, première compétition internationale avec du public depuis la pandémie mondiale de coronavirus, débute ce vendredi 11 juin à Rome. La Ville éternelle, très touchée comme tout le pays par la crise du Covid-19, accueille la première affiche entre l’Italie et la Turquie au mythique stade Olimpico.

« Vous venez pour l’Euro ! Où avez-vous trouvé des billets ? » s’exclame le chauffeur de taxi à l’aéroport de Rome. « Moi, j’ai remué ciel et terre et je n’ai rien trouvé. J’aurais tellement voulu que le stade soit à sa capacité maximale, la fête aurait été plus belle », avoue Massimo, pur Romain, fan du ballon rond, à l’allure d’un adolescent malgré la quarantaine et abonné de l’Olimpico depuis plus de vingt ans.

Seules 14 000 personnes seront en tribune dans le stade Olimpico, tout proche du Tibre, où l’AS Rome ou la Lazio accueillent jusqu’à 73 000 spectateurs en temps normal. Ce qui correspond à 25% de la capacité du stade. Sous la pression de l’UEFA, qui avait menacé les villes hôtes de perdre leurs rencontres en cas de huis clos, l’Italie a accepté d’ouvrir ses portes. Rome, malgré l’ombre de la pandémie, veut refaire du football une fête.

« Retourner au stade pour voir l’Italie, je ne pouvais pas mieux rêver »

Pour le moment, les touristes sont encore rares : une chambre d’hôtel se négocie trois fois moins cher qu’à l’accoutumée. Mais Rome retrouve depuis quelques semaines ses airs de pré-Covid avec ses visiteurs, ses terrasses et ses musées rouverts. La Ville éternelle a commencé son déconfinement fin avril et les touristes, qui font largement vivre l’économie locale, reviennent petit à petit.

Sylvain, issu d’une famille napolitaine, né à Strasbourg dans l’est de la France, a fait de ce voyage un rêve. Celui qui n’aime pas les pizzas à Rome, « je mangerai des pâtes », avait déjà son billet depuis deux ans. « Impossible pour moi de rater ça ! Retourner au stade pour voir l’Italie, je ne pouvais pas mieux rêver », jubile-t-il à l’idée de vivre l’ouverture dans son pays de cœur, qui a été une des premières nations européennes à être touchée par la pandémie de coronavirus et qui a payé un très lourd tribut avec plus de 125 000 décès depuis le début de la crise sanitaire.

Piazza del Popolo, son obélisque et son écran géant

Le mythique stade romain – théâtre des finales de l’Euro en 1968 et en 1980 – n’a pas connu une telle jauge depuis le début de la pandémie en mars 2020. Les supporters devront tout de même présenter des certificats de vaccination ou de guérison du Covid-19 ou un test négatif de moins de 48 heures. Quelques milliers de Turcs sont attendus, même si certains auront renoncé au voyage, la Turquie étant l’un des pays dont les ressortissants doivent observer une quarantaine à l’arrivée en Italie.

Ceux qui n’ont pas eu la chance d’obtenir un billet pourront se tourner vers la « Fan zone » de la Piazza del Popolo et son obélisque. Là, 1 000 personnes, qui se seront préalablement inscrites sur un site internet, profiteront d’un écran géant pour suivre les 51 rencontres de la compétition. Le masque sera requis. Il y aura aussi une scène pour accueillir des DJ entre les matches, des ateliers foot, des stands. Mais ici, la population a encore très peur du coronavirus, et a du mal à oublier ses heures sombres.

« On recommence à s’amuser »

« Je suis heureuse. Après tout ce que l’on a vécu, on recommence à s’amuser avec le foot et plein d’autres choses. Il y a désormais les bars, les restaurants, les cinémas et les musées », se félicite une jeune femme sous son parapluie noir, alors que la nuit tombe sur la ville fondée par Romulus en 753 avant J. -C., dans la région du Latium, au cœur de l’Italie.

Rome, où l’on déguste dans la douceur de juin en terrasse les bucatini all’amatriciana, plat de pâtes incontournable de la gastronomie romaine, reste le plus beau décor du cinéma italien, celui qui a rendu célèbre dans le monde entier la fontaine de Trevi dans La Dolce Vita, Palme d’or à Cannes en 1960.

« Cet Euro est important pour nous car l’Italie a été une grande nation du foot. Le foot, c’est l’union et un Euro dans toute l’Europe, c’est un beau message d’union entre tous nos pays », nous raconte de son côté un jeune homme aux bras tatoués, qui regardera l’Euro avec « la famille ».

Rome sera le théâtre de trois matches de poules et d’un quart de finale. Et ici, secrètement, on rêve d’une finale le 11 juillet à Londres.