Russie : pour les partisans de Navalny, les conséquences très lourdes de la loi sur les organisations «extrémistes»

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La première conséquence de cette décision de justice, c’est la liquidation immédiate des trois organisations concernées, parmi lesquelles le Fonds de lutte contre la corruption. Tenter de les ressusciter est passible de dix ans de prison, le financement de ces organisations est passible de huit ans et la participation à leurs activités de six ans de prison. En outre, toute marque de soutien, y compris sur les réseaux sociaux, est considéré également comme un délit passible d’une amende ou d’une peine de 15 jours de détention.

À cela s’ajoute l’impossibilité de participer aux prochaines élections – les législatives de septembre – pour tous les membres et partisans des organisations, et même la présidentielle de 2024 pour les dirigeants des organisations concernées. « La Douma a récemment adopté cette loi qui interdit à tous ceux qui ont travaillé avec une organisation extrémiste, même par le passé, de participer aux prochaines élections, explique à RFI Ksenia Fadeeva, élue de l’opposition à la Douma de Tomsk, en Sibérie. Moi, par exemple, j’envisageais de me présenter en septembre prochain pour les élections législatives, mais désormais, c’est impossible ».

Publications interdites

La loi sur les organisations extrémistes adoptée récemment – et à marche forcée – par le Parlement russe est rétroactive et vise toutes les personnes qui ont soutenu, au cours de l’année écoulée, même par un simple tweet, les organisations navalnystes. Ce sont donc des centaines de milliers de personnes qui, potentiellement, sont ainsi privées de leurs droits d’éligibilité.

Enfin, autre contrainte prévue par la loi : les médias russes devront désormais préciser le caractère « extrémiste » des organisations navalnystes à chaque fois qu’ils en feront mention, sans oublier, bien sûr, d’y accoler leur statut d’« agents de l’étranger » !

Les publications des organisations extrémistes sont également susceptibles d’être interdites. Comme le rappelle le site internet Meduza, un média qui les diffuserait peut être puni d’une amende allant jusqu’à un million de roubles, environ 11 000 euros ou une suspension de plusieurs mois. À titre d’exemple, la vidéo publiée par le Fonds anti-corruption sur le « Palais de Poutine », qui accusait le président russe de s’être fait bâtir un fastueux palais sur les bords de la mer Noire, pourrait ainsi rejoindre la liste des contenus « extrémistes » qu’il sera interdit de mentionner.