Tokyo 2020: une annulation n’est pas envisageable pour les officiels japonais

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La tenue des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 semble « peu vraisemblable » en raison l’épidémie de coronavirus selon un ancien responsable des JO de Londres 2012. Mais le Japon s’accroche etn’envisage pas pour le moment une annulation.

Il y a le discours officiel du Japon et les sceptiques. Parmi eux, Keith Mills, président-adjoint du comité organisateur des JO de Londres, qui ont eu lieu en 2012. Pour Keith Mills, la tenue des JO l’été prochain semble s’éloigner de plus en plus. « Personnellement, de là où je me trouve, en voyant l’épidémie dans le monde, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord, en Afrique, en Europe, ça me semble improbable », a-t-il déclaré à la BBC mardi 19 janvier.

Un cap inflexible pour les organisateurs

Le Comité olympique international (CIO) et le comité olympique japonais restent toutefois déterminés à les organiser. Prévus en 2020, les JO ont été reportés en 2021. « La tenue des Jeux est notre cap inflexible et, à ce stade, nous ne discutons de rien d’autre », a affirmé M. Muto, le directeur général du comité d’organisation, lors d’un entretien réalisé mardi 19 janvier avec l’AFP.

« Évidemment, les conditions à mettre en place seront très importantes », concède M. Muto. Et d’ajouter : « Il va sans dire que nous avons besoin de la compréhension et du soutien de la population. Nous voulons préparer les Jeux en nous basant sur ces principes. »

Inquiets que l’événement n’aggrave encore la propagation locale de la maladie Covid-19, plus de 80% des Japonais sont désormais très réticents à organiser les JO cette année, préférant soit un nouveau report soit une annulation pure et simple, selon un récent sondage. Face à des cas record de coronavirus, un dispositif d’état d’urgence a été réinstauré ce mois-ci dans une grande partie du Japon, dont Tokyo et sa banlieue, comme au printemps 2020.

Le public pourra-t-il venir en nombre ?

De nombreuses questions concernant ces JO restent cependant en suspens, notamment sur le nombre de spectateurs autorisés à entrer dans le pays. Une décision sera prise dans les prochains mois. « Il n’est pas souhaitable qu’il n’y ait pas de fans dans les tribunes », dit M. Muto, tout en ne pouvant pas garantir pour l’heure la présence de spectateurs, notamment venant de l’étranger.

« J’ai l’impression, pour avoir échangé il y a quelques jours avec le CIO, que tout est pensé, imaginé de pouvoir s’adapter en fonction du contexte sanitaire, de trouver la solution pour que les Jeux aient lieu, avec plus ou moins de spectateurs, cela pourrait être même à huis clos si jamais les conditions sanitaires l’imposaient mais la volonté est très forte de maintenir cet événement », a déclaré ce mercredi 20 janvier Tony Estanguet, le  président du comité d’organisation des JO 2024 de Paris.

Le comité d’organisation de Tokyo 2020 a dévoilé en décembre dernier une batterie de contre-mesures face au coronavirus, censées permettre à l’événement de se dérouler en toute sécurité cet été, même si la vaccination n’est pas généralisée et si la pandémie n’est pas maîtrisée d’ici là.

Au Japon, la campagne de vaccination devrait démarrer d’ici fin février et ne sera pas être étendue à l’ensemble de la population avant mai, selon plusieurs médias locaux. Les organisateurs nippons et les responsables du Comité international olympique (CIO) n’ont pour le moment pas évoqué la possibilité de rendre la vaccination obligatoire pour les athlètes et les spectateurs des JO. D’ores et déjà, l’organisation a annoncé que les cérémonies d’ouverture et de clôture se feraient avec beaucoup moins d’athlètes que d’habitude.

La semaine dernière, un influent ministre japonais, Taro Kono, avait estimé qu’il ne fallait exclure aucune éventualité concernant les JO. Et ce week-end, un ancien vice-président du CIO, Kevan Gosper, a même suggéré que les Nations unies soient consultées sur la décision d’organiser ou non l’événement cette année.