Visite à Ankara des responsables de l’UE : du rôle conciliateur de la chancelière allemande

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Établir des relations moins conflictuelles avec la Turquie, c’est l’objet de la visite des responsables européens ce mardi à Ankara. Parmi les chefs d’Etat et de gouvernement européens, Angela Merkel joue un rôle central et a pris ces derniers mois une position moins dure à l’égard de la Turquie que par exemple la France.

Les dirigeants de l’Union européenne, le président du Conseil Charles Michels et la présidente de la Commission Ursula von der Leyen sont ce mardi à Ankara. Après des mois de tensions avec la Turquie, l’objectif de cette mission est de jauger la possibilité de revenir à une relation moins conflictuelle avec ce pays et le président Erdogan.

La chancelière allemande Angela Merkel joue à cet égard un un rôle central, rapporte notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. « L’Allemagne s’est comportée de manière positive et constructive dans nos différends avec la Grèce », a déclaré le ministre de la Défense turc dans une récente interview au quotidien économique Handelsblatt »,  saluant la position adoptée par le gouvernement allemand lors de la crise maritime en Méditerranée orientale l’an dernier. Berlin n’avait alors contrairement à Paris pas choisi de prendre ouvertement parti tout en dénonçant les attaques d’Ankara contre le président français.

Le think tank berlinois SWP résumait récemment : « La France perçoit la Turquie comme un rival stratégique tandis que l’Allemagne voit dans Ankara un partenaire difficile mais incontournable ».

Le dialogue continue : Angela Merkel et Recep Tayyip Erdogan se sont parlé il y a un mois. Dans les coulisses, l’Allemagne travaille à un renouvellement du pacte migratoire entre l’Union européenne et la Turquie conclu il y a cinq ans. Déjà à l’époque, Berlin avait joué un rôle moteur pour trouver une solution à l’arrivée massive de réfugiés vers l’Europe à commencer par l’Allemagne.

Le positionnement moins conflictuel d’Angela Merkel s’explique aussi par la présence d’une diaspora turque conséquente en Allemagne et l’importance des relations économiques bilatérales. Un réseau de passeurs opérant entre les deux pays a été récemment démantelé. Mais s’ils constituent la première minorité d’origine étrangère en Allemagne, les Turcs sont loin de constituer une communauté homogène.